Complesso Monumentale della Pilott, Bibliothèque Palatine, Parme, Italie, juin 2014
Complesso Monumentale della Pilott, Bibliothèque Palatine, Parme, Italie, juin 2014
Complesso Monumentale della Pilott, Bibliothèque Palatine, Parme, Italie, juin 2014 ©Getty - Photo by Roberto Serra - Iguana Press/Getty Images
Complesso Monumentale della Pilott, Bibliothèque Palatine, Parme, Italie, juin 2014 ©Getty - Photo by Roberto Serra - Iguana Press/Getty Images
Complesso Monumentale della Pilott, Bibliothèque Palatine, Parme, Italie, juin 2014 ©Getty - Photo by Roberto Serra - Iguana Press/Getty Images
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Résumé

Qu’est-ce que la bibliologie de Paul Otlet, spécialiste belge de la science du livre et auteur visionnaire? De quelle façon ses travaux mêlent-ils mystique du livre et une préfiguration technique de Wikipédia et d’Internet? S’émerveille l’historien de la littérature William Marx.

avec :

William Marx (Professeur au Collège de France, titulaire de la chaire "littératures comparées". Ecrivain français, essayiste, critique et historien de la littérature.).

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Enfin que nous apprend l’hypothèse de Paul Otlet « du monde réduit à un catalogue parfait »?   Combien d’hommes ont-ils pu écrire qu’ils croyaient à l’âme des livres ? 

William Marx, titulaire de la chaire de "Littératures comparées" explore sur dix cours ce qu'il appelle les "bibliothèques invisibles", — ces « bibliothèques mentales » qui ne sont pas sans lien avec les bibliothèques matérielles. En le suivant dans son enquête, force est de constater qu’il y a une vraie magie des bibliothèques. 

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Depuis une semaine, nous plongeons avec délice dans un monde où se mêlent rigueur, intuition, science, imagination, réseaux et rhizomes, le limité et l’illimité, le visible et l’invisible, le stable et l’instable. 

"Le classement est l’acte fondateur de toute pensée", a rappelé William Marx dans le cours précédent.  "Qu’on choisisse de classer ou de ne pas classer ses livres, "Dans les deux cas, souligne-t-il, une pensée est engagée. Et c’est elle qu’il faut mettre en évidence. Nous sommes embarqués malgré nous dans des bibliothèques qui, depuis des siècles, ont voulu classer leurs ouvrages. Lorsque nous entrons dans une bibliothèque, cette pensée du classement peut s’exprimer d’une manière très concrète : à travers des fiches bristol rangées dans des casiers, dans le cas d’une bibliothèque à l’ancienne. Mais cette expérience de vie n’a plus cours depuis que les catalogues sont informatisés, depuis le début des années 2000. Aujourd’hui, ils ont basculé sur Internet.

Là encore quelle que soit la formule, le philologue note :

"Il y a une pensée du catalogue, une pensée plus ou moins implicite et qui n’est pas toujours une pensée du catalogueur." Enfin, William Marx nous a indiqué que "Tous les fonds des bibliothèques n’expriment pas la même intensité de pensée. Une bibliothèque de dépôt légal, une bibliothèque nationale, pense moins qu’une bibliothèque plus petite, parce que la première accueille par principe tous les livres (c’est son projet), alors que la seconde opère une action de sélection. Il y a également d’autres parties du catalogue qui expriment une pensée : le catalogue par sujet, et la cote de l’ouvrage." 

Aujourd’hui William Marx s’attache aux travaux de l’étonnant bibliographe Paul Otlet et nous entraîne en fin de cours à Parme du côté de la "classe philologique" de la bibliothèque Palatine. Il analyse comment "les classifications révèlent moins la structure du monde qu’elles ne révèlent les structures des représentations du monde dans une société donnée". Alors que semble se déployer un "ordre idéal qui serait devenu fantomatique", de quelle façon le pouvoir d’organiser les savoirs existe-il encore, et pourquoi les algorithmes des moteurs de recherche sont-ils cachés?  

Nous gagnons le Collège de France, le 16 mars 2021 pour le cours de William Marx, aujourd’hui « Le livre universel, ou l'ordre idéal et fantomatique du monde »

Pour prolonger 

Sa leçon inaugurale, intitulée « Vivre dans la bibliothèque du monde » est publiée chez Fayard et sa première série de cours à fait l’objet en 2021 d’un bel essai, intitulé « Des Étoiles nouvelles. Quand la littérature découvre le monde », aux Éditions de Minuit

Tous les mardis à 16H30, il donne ses cours en public au Collège de  France. Vous pourrez y découvrir sa nouvelle série "A la Recherche des  oeuvres perdues".