Quatre élèves ottomans à Paris, 1831 - Florin Geraldi
Quatre élèves ottomans à Paris, 1831 - Florin Geraldi
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Résumé

Comment moderniser par le haut dans le vieil Empire ottoman ? Le sultan Mahmud II pose-t-il les bases d’un Etat moderne? Que signifie "équité" dans le système inégal de l’empire ? Comment les Ottomans sont-ils confrontés au XIXe siècle à la question de l’égalité ?

avec :

Edhem Eldem (professeur d'histoire à l'Université de Bogaziçi à Istanbul, titulaire de la chaire internationale d'histoire turque et ottomane au Collège de France).

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Rediffusion du 17.10.2019

Titulaire de la chaire internationale d'Histoire turque et ottomane au Collège de France, Professeur à l’université anglophone de  Boğaziçi, Edhem Eldem nous entraîne dans une grande série sur plusieurs années, intitulée, L’Empire ottoman et la Turquie face à l’Occident.Cette semaine, il s’attache à l’ère des reformes, entre 1820 et 1830. Il revient sur le règne de Mahmud II, sultan entre 1808 et 1839. C'est une période sur laquelle, nous dit-il « on n’a pas assez travaillé ». 

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L’historien interroge cette figure d’autocrate moderne et ses tentatives de réformes de l’Etat et de la société ottomane. Comment évaluer ces réformes ? Seraient-elles moins formelles, moins "cosmétiques" qu’il n’y parait ?  Edhem Eldem note : 

"Il est aussi question d’une dimension politique visant une modification des rapports entre l’État – le sultan – et ses sujets." 

Edhem Eldem rappelait le contexte de ses réformes dans sa leçon inaugurale, alors que l’Empire ottoman est bousculé par une Europe de plus en plus moderne et dominatrice, une Grèce qui a conquis son indépendance en 1830 au sein même de l’Empire, et une une Egypte qui s’occidentalise et s’affirme en rivale possible. L'historien expliquait alors :

« Face à cette série de douches froides, vers la fin des années 1830, les Ottomans sont prêts à s'engager dans un programme de transformation bien plus radical et envahissant que les demi-mesures dont ils s'étaient contentés jusque-là. Le remplacement des célèbres janissaires par une armée vêtue et équipée à l’occidentale, - un euphémisme, si l'on considère la violence de l’événement, l'apparition des premières institutions étatiques, inspirées de modèles occidentaux, l'usage de symboles et d'images « modernes » à commencer par le portrait du sultan, l'envoi des premiers élèves en Europe… Autant de changements et d'innovations qui firent date sans pour autant s'attaquer à l’essence du système. Ce n'est qu'avec le célèbre décret de Gülhane, prononcé le 3 novembre 1839 en présence des principaux cadres de l’État, mais aussi du corps diplomatique et du prince de Joinville que s'ouvre symboliquement une nouvelle ère, celle des Tanzimat ou « réorganisations », vouées à une modernisation de l'État et de ses structures selon des normes occidentales. »

Alors quel bilan tirer du règne de Mahmud II ?

Nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 15 février 2019, pour le cours d’Edhem Eldem, aujourd’hui, « Les bases d'un Etat moderne ? » (suite et fin).