Vue panoramique de la bibliothèque du musée Guimet, Paris (2008)
Vue panoramique de la bibliothèque du musée Guimet, Paris (2008)
Vue panoramique de la bibliothèque du musée Guimet, Paris (2008) - Athoune / Wikicommons
Vue panoramique de la bibliothèque du musée Guimet, Paris (2008) - Athoune / Wikicommons
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Résumé

Qu’est-ce qu’une bibliothèque invisible? Depuis sa leçon inaugurale, William Marx, philologue-écrivain, nous invite à "Vivre dans la bibliothèque du monde". A rebours d’une littérature globale, elle rassemble une myriade de bibliothèques hétérogènes, qu'elles soient matérielles ou mentales...

avec :

William Marx (Professeur au Collège de France, titulaire de la chaire "littératures comparées". Ecrivain français, essayiste, critique et historien de la littérature.).

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Pourquoi distinguer le texte et l’oeuvre? s'interroge William Marx. Qu'est-ce qui se joue dans le fait que certains textes et œuvres peuvent être lisibles, quand d’autres sont illisibles. Qu'est-ce que cela nous apprend sur la transmission des savoirs?

Ancien élève de l’Ecole normale supérieure, agrégé de lettres classiques, titulaire de la chaire "Littératures comparées" du Collège de France, William Marx est spécialiste des traditions littéraires française, anglo-américaine, italienne et germanique comme des littératures grecques et latines.

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Pour sa première série de cours au Collège de France, le philologue historien de la littérature avait proposé d’explorer ce qu’il a appelé “La bibliothèque des étoiles nouvelles,” de l’Antiquité à aujourd’hui. Il a ainsi analysé "les métamorphoses de la poésie en même temps que celles de notre connaissance du monde".

En savoir plus : La révélation des étoiles nouvelles

L’historien de la littérature, Jean-Louis Jeannelle, a consacré à William Marx, au moment de sa leçon inaugurale, en 2020, un beau portrait pour le journal, Le Monde. Il cite notamment son essai Le Tombeau d’Œdipe. Pour une tragédie sans tragique (Editions de Minuit, 2012). 

"William Marx y note que des rares pièces antiques subsistantes dont nous tirons tout notre savoir sur la tragédie, nous ignorons le contexte d’origine, autrement dit l’essentiel. Les lieux qu’évoquaient ces pièces, les croyances religieuses que celles-ci portaient, ou encore les effets physiques qu’elles exerçaient sur les spectateurs nous restent inconnus. Qu’importe, dira-t-on, puisque demeurent les textes…"

Or la matérialité des textes, comme nous allons le découvrir dans la belle nouvelle série de William Marx, cette semaine sur les Bibliothèques invisibles, n’est pas tout.

Jean-Louis Jeannelle, après cette évocation de la transmission parcellaire de  l’héritage antique, indiquait aussitôt que William Marx a été "Vacciné contre tout anachronisme par la grande latiniste et helléniste Florence Dupont dont il a suivi, jeune étudiant, les cours. Cette dernière l’avait déjà mis en garde contre les illusions que véhicule notre conception moderne de la « littérature », — réduite aux seuls textes".

Dès lors, pourquoi selon la formule de Paul Valéry, "l’œuvre de l’esprit, n’existe-t-elle qu’en actes"? 

"C’est la lecture qui fait vivre les textes, rappelle Willliam Marx et dans la culture occidentale il y a un lien très fort entre les bibliothèques invisibles et les bibliothèques matérielles. Dans d’autres cultures, ce lien est moins fort, ce qui donne naissance à des bibliothèques entièrement immatérielles : les poèmes védiques avaient, par exemple, interdiction d’être mis par écrit parce que l’écrit aurait été une profanation de ces textes sacrés. Mais la bibliothèque immatérielle, et donc invisible, poursuit l'historien de la littérature, n’est pas l’apanage des cultures orientales ; elle incarne même le cas général. Les bibliothèques matérielles ne suppriment pas les bibliothèques mentales ; elles n’en constituent que le support. Les bibliothèques invisibles nous renvoient aux fondements mêmes de notre culture".

Nous gagnons le Collège de France,  le 19 janvier 2021 pour le cours de William Marx, aujourd’hui "Qu'est-ce qu'une bibliothèque?"

Pour prolonger :

Sa ”, leçon inaugurale, intitulée Vivre dans la bibliothèque du monde est publiée chez Fayard et sa première série de cours à fait l’objet en 2021 d’un bel essai, intitulé Des Étoiles nouvelles. Quand la littérature découvre le monde.

Parmi ses ouvrages, rappelons :

- L’Adieu à la littérature (Minuit, 2005), Vie du lettré (Minuit, 2009), La Haine de la littérature (Minuit, 2015),

- Le Tombeau d’Œdipe (Minuit, 2012)

- William Marx a établi l’édition critique du dernier tome des Cahiers 1894-1914 de Paul Valéry (Gallimard, 2016).

Références

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