Femme assise, modelée en cire anatomique
Femme assise, modelée en cire anatomique  - MNHN - Jean-Christophe Domenech
Femme assise, modelée en cire anatomique - MNHN - Jean-Christophe Domenech
Femme assise, modelée en cire anatomique - MNHN - Jean-Christophe Domenech
Publicité

La collection des cires anatomiques de Pinson symbolise le mariage de la science et de l'art, de l’émerveillement et de la surprise. Ces objets sont le fruit d'une prouesse technique stupéfiante, et de recherches médicales modernes. Plus que de simples outils scientifiques, ces cires sont de véritables œuvres d'art. Leur histoire est racontée par le directeur du Musée de l’Homme André Delpuech.

Nous pénétrons dans une alcôve troublante du Musée de l'Homme où gisent nombre de cadavres de cires, une plongée dans une 4ème dimension où l’art et la science, ensemble, donnent un instantané de l’intérieur du corps humain. Cette collection exceptionnelle date en grande partie de la fin du XVIIIe siècle, et du début du XIXe siècle, au moment où se développent en France comme en Italie, des écoles d’anatomie et les débuts de l’enseignement pratique de la médecine. Au XVIIIe siècle, ces mises en scène du corps humain sont très prisées, tant dans le champ médical que culturel. Les cabinets de curiosités se multiplient comme le très prestigieux cabinet du duc d’Orléans. Le développement des structures internes du corps traduit un souci d’esthétisation autant qu’il est une allégorie du corps mortel.

"A partir du XIXe, on va mouler toutes les maladies : le cancer, les maladies vénériennes, les personnes différentes, il y a toute une imagerie, toute une monstration du corps humain qui aujourd'hui, dans notre époque du politiquement correct peut paraître choquante. (…) L’intérêt du Muséum est de montrer comment, au fil du temps, les savants ont étudié l'homme et l'intérieur de notre anatomie, qui, il ne faut pas l’oublier, étaient difficiles d'accès du fait des interdits religieux empêchant d'observer le corps humain, créé à l'image de Dieu. Il faut donc considérer ces cires comme un état de la recherche médicale qui a eu son heure de gloire à la fin du XVIIIe et au début du XXe." André Delpuech

Publicité

La Femme à la larme

Un des plus célèbres fabricants de cires n'est autre que le chirurgien André-Pierre Pinson (1746-1828) qui a réalisé près de 200 modèles en cire. Il le met en scène de manière artistique. Son œuvre la plus fameuse est peut-être  La Femme à la larme, qui représente l'image saisissante d'un visage coupé en deux. D'un côté, on regarde un magnifique portrait d'une femme qui pleure, et de l'autre côté, de son profil gauche, on distingue en tranche la moitié de sa tête, l'intérieur de son cerveau et de son visage.

Cette fascination va entraîner un élan de collectionneurs, partout dans le monde. La Révolution française va être déterminante dans la conservation de ces œuvres, puisque les révolutionnaires vont prendre conscience de l'intérêt patrimonial d'un grand nombre de collections royales, vont les rassembler et les mettre dans différents musées, notamment au Muséum national d'Histoire naturelle.

La Femme à la larme, une des plus célèbres cires anatomiques, modelée par André-Pierre Pinson au XVIIIème siècle
La Femme à la larme, une des plus célèbres cires anatomiques, modelée par André-Pierre Pinson au XVIIIème siècle
- MNHN - Bernard Faye

►Les cires anatomiques de Pinson se trouvent au Musée de l'Homme à Paris. Retrouvez plus d'informations sur la Femme à la larme du Musée de l'Homme.

Une série produite par Tao Favre, réalisée par Vincent Decque

L'équipe