Le crime paie cash : les années "Détective" de Gallimard (1928-1940)

Détective : fabrique de crimes ? // Amélie Chabrier & Marie-Eve Thérenthy
Détective : fabrique de crimes ? // Amélie Chabrier & Marie-Eve Thérenthy  - Editions Joseph K.
Détective : fabrique de crimes ? // Amélie Chabrier & Marie-Eve Thérenthy - Editions Joseph K.
Détective : fabrique de crimes ? // Amélie Chabrier & Marie-Eve Thérenthy - Editions Joseph K.
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Une monographie historique et une exposition parisienne vont à la rencontre de l'hebdo trash des années trente.

Si la NRF ne paie pas (ou peu), le crime, lui, règle rubis sur l'ongle. Une situation que Gaston Gallimard expérimente à la fin des années 20 en lançant, pour raisons financières, l'hebdomadaire Détective. Animée par les frères Kessel, dirigée par Marius Larique, un dur du journalisme régnant sur une horde de plusieurs dizaines de rédacteurs au stylographe entre les dents, maquetté Moderne Style, Détective vaut surtout pour la violence macabre de son apparat photographique. La mort sépia n'épargne rien au lecteur : de clichés glauques en photos judiciaires, de corps en miettes aux binettes gothiques des monstres et autres cas pathologiques, de travestis hilares en cannibales ruraux, grandes affaires ou horreurs à la sauvette, c'est toute la lyre du "mauvais genres" planétaire qui défile entre les doigts de centaines de milliers d'amateurs avides. Une aventure de presse qui prendra fin en 1940 et reste aujourd'hui comme un jalon-clé de l'émoi populaire français. (éditions Joseph K.)

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