Manifestation pour le droit à l'avortement en Californie le 27 juin 2022 ©AFP - MARIO TAMA
Manifestation pour le droit à l'avortement en Californie le 27 juin 2022 ©AFP - MARIO TAMA
Manifestation pour le droit à l'avortement en Californie le 27 juin 2022 ©AFP - MARIO TAMA
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Résumé

Depuis la suppression de Roe v. Wade le 24 juin, les grandes entreprises de tech sont pointées du doigt. Les données qu'elles exploitent permettraient aux autorités d'états anti-ivg de surveiller les femmes enceintes. Alors des firmes proposent d'aider leurs employées qui ne pourraient pas avorter.

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Meta, la société mère de Facebook, a promis de payer les dépenses du personnel qui doit voyager hors de son état d'origine pour un avortement. Google a signalé aux employées qu'elles pouvaient demander à quitter les États interdisant l'avortement sans avoir à se justifier. Uber a promis de rembourser les frais de justice si leurs employées doivent payer des frais de justice pour justifier leurs avortements.

Mais les big tech n'ont pas apporté le même soutien à leurs utilisateurs qui envisagent un avortement et qui par exemple envoient un message Messenger à des amis, effectuent une recherche sur google, achètent des tests de grossesse et des kits d'ovulation sur Amazon, géolocalisent un centre d’avortement, bref tout ce qui pourrait permettre aux autorités locales de cibler les femmes qui souhaiteraient avorter dans les Etats où c’est désormais interdit.

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Les big tech ont des conditions d’utilisation qui décrivent la manière dont elles répondent aux demandes des forces de l’ordre et comment elles modèrent en général le contenu illégal mais rien sur l’avortement devenu illégal dans certains endroits. Certaines entreprises comme google se réservent le droit de supprimer tout contenu qui enfreint la loi, que va-t-il se passer pour tous les supports qui utilisent les outils des big tech pour éduquer sur les questions de l’avortement ? Les vidéo YouTube qui éduquent et préconisent l’accès à l’avortement seront-elles considérés comme des promotions d’actes violents dans les états qui l’interdisent ?

De son côté, depuis la semaine dernière, Instagram retient les résultats des recherches pour les pilules abortives et la mifépristone, le nom d’un médicament souvent utilisé lors des avortements médicamenteux.

Chez TikTok les responsables ne sont pas plus bavards. Mais dans les états où l’avortement reste légal, certains créateurs de vidéo du réseau offrent toujours leurs maisons comme hébergement gratuit à ceux qui doivent maintenant traverser les frontières de l'État pour se faire avorter. Les messages sont souvent codés : exemple : on propose un endroit pour « camper » en Caroline du Nord aux personnes vivant dans un endroit où « le camping n'est pas autorisé ».

Quant aux grands patrons, ils sont divisés. Si Bill gates le fondateur de Microsoft et Sheryll Sandberg l’ex-numéro 2 de Meta ont ouvertement déclaré leur hostilité à la décision de la cour supreme, les patrons d’apple et d’amazon sont resté muets comme . Quant à Elon Musk, il a rappelé sur son compte Twitter que "le taux de natalité aux États-Unis est inférieur au niveau minimum durable (le niveau dit de remplacement) depuis environ 50 ans."

Références

L'équipe

Lucas Lazo
Collaboration
Elisa Verbeke
Collaboration
Marguerite Catton
Production déléguée