. ©Getty - Narumon Bowonkitwanchai
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Résumé

Fi le télétravail immersif et les concerts de rap sur Fortnite ; l'érotisme en mode immersif, c'est maintenant, et ça se passe sur VRChat. Pour autant, les parties de jambes en l'air sur les nouveaux réseaux sociaux ne sont pas sans soulever des questions...

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Le métavers, tout le monde en parle mais personne ne le vit vraiment. Aujourd'hui, seuls quelques jeux vidéo permettent de s’approcher de ce que sera dans quelques années le prochain internet des sens, la révolution de l’interaction sociale promise par Meta par exemple.

VRChat, le métavers dès maintenant

Parmi ces jeux vidéo, il y a VRChat (pour virtual reality Chat), un jeu en ligne immersif où les joueurs peuvent interagir en 3D, et pour quelques heureuses exceptions, en 4D.

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VRChat, qui compte aujourd’hui 9 millions d’utilisateurs enregistrés, est gratuit. Pour jouer, il suffit d’un ordinateur assez puissant avec une bonne résolution graphique. Et pour profiter complètement de l’expérience immersive, un casque de réalité virtuelle, des manettes, et pourquoi pas des capteurs ou même une combinaison de réalité virtuelle sont recommandés.

Concrètement, on choisit son avatar, modifiable à l’envi et de manière payante dans des espaces de vente, puis on est lâché dans les différents espaces où les utilisateurs se bousculent. VRChat s’apparente ainsi à un parc d’attraction où les joueurs font des blagues et discutent. Il est bien sûr possible de jouer à des jeux de survie, mais les utilisateurs privilégient les chatrooms.

Dans les jeux de rôle, les jeux érotiques génèrent le plus d’intérêt. La revue L’ADN note l’exemple de Blue Kun, un utilisateur qui a créé le "Bclub", une sorte de lieu de rencontre coquin. Apparemment, souvent, derrière les avatars de femmes ultra-sexualisées, se cachent des “Male IRL”, c’est-à-dire des hommes dans la vraie vie.

Casse-têtes juridiques en gestation

Si le métavers permet aux utilisateurs d’avoir des rapports sexuels consentis dans des salles dédiées, il pose aussi la question des rapports sexuels non consentis. Peut-on dire alors que le toucher dans le virtuel équivaut à un toucher réel ? En tout cas, à mesure que les équipements de réalité virtuelle s’améliorent, l’expérience sensorielle pourrait se rapprocher du toucher.

Légalement, le toucher par le truchement d’un objet est normalement associé au vrai toucher. Cependant, pas sûr que les conditions d’une qualification pénale d’agression sexuelle soient réunies en cas de contact via du matériel connecté, explique Arnaud Touati du cabinet Hashtag Avocats. Mais si on considère que l’avatar d’une personne n’est que son prolongement virtuel, on pourrait dire qu’en violant son intégrité physique, on viole celle de la personne.

S’y ajoute toute la question du droit applicable : faut-il appliquer le droit français en cas d’agression d’une joueuse vivant en France ? Ou bien faut-il considérer que l'agression a eu lieu sur le métavers, et donc que c'est le droit du pays hébergeant les serveurs du monde virtuel qui s’applique ?

La justice déjà bien encombrée par le monde réel devra donc donner bientôt donner des réponses au monde virtuel.

Références

L'équipe

Baptiste Muckensturm
Baptiste Muckensturm
Lucas Lazo
Collaboration
Marguerite Catton
Marguerite Catton
Marguerite Catton
Production déléguée
Max Schneider
Collaboration