Un des tiktok de Rodolfo Hernandez, devant une peinture lui étant consacrée dans les rues de Bogota en Colombie ©AFP - Juan BARRETO
Un des tiktok de Rodolfo Hernandez, devant une peinture lui étant consacrée dans les rues de Bogota en Colombie ©AFP - Juan BARRETO
Un des tiktok de Rodolfo Hernandez, devant une peinture lui étant consacrée dans les rues de Bogota en Colombie ©AFP - Juan BARRETO
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Résumé

Alors que personne ne s'y attendait, Rodolfo Hernandez, un homme d'affaires colombien a atteint presque un tiers des voix lors du premier tour des élections colombiennes. Et pour cause, presque inconnu de la vie politique, c'est en préférant les réseaux aux plateaux que le candidat mène sa campagne.

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Le 29 mai Rodolfo Hernandez est arrivé en deuxième position du premier tour des élections présidentielles colombiennes avec 28,9% des voix, derrière Gustavo Petro. Un score étonnant pour cet homme de 77 ans, surnommé le Trump colombien par la presse locale et qui trois semaines avant le scrutin était considéré comme n’ayant aucune chance.

Hernandez est l’ancien maire de la ville de Bucaramanga qui se situe au nord du pays. C’est un entrepreneur millionnaire, qui se vante d’avoir dépensé un peu moins de 3 milliards de pesos (700 000 euros) dans sa campagne et de les avoir payés de sa poche. "J’ai déjà économisé 24 milliards de pesos (soit 6 millions d’euros) au contribuable", fanfaronne-t-il. L’État colombien rembourse en effet les frais de campagne engagés par les candidats au prorata des voix obtenues lors du scrutin.

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Sans programme clair, son discours est fondé sur le rejet de la classe politique traditionnelle, corrompu selon Hernandez, alors qu’il fait lui-même l’objet d’une enquête judiciaire pour des faits de corruption datant de l’époque où il était maire de Bucaramanga.

TikTok, fer de lance de la campagne de Rodolfo Hernandez

Son originalité est d’être sans parti mais surtout de mener campagne sur les réseaux sociaux, particulièrement sur TikTok. Entouré d’une équipe de très jeunes collaborateurs, Rodolfo Hernandez prend la pose avec des lunettes de soleil ou danse sur des musiques de reggaeton. Sur la plateforme, Hernandez se montre toujours souriant et heureux. Rien à voir avec celui qui, sur une vidéo datant de 2018, giflait un collaborateur ou qui, sur une autre vidéo, menaçait de mort un client.

Sur TikTok il se montre aussi comme un personnage drôle. Dans une vidéo publiée, on peut voir des images d’un quartier pauvre et entendre les interjections de colombiens qui s’ennuient en écoutant le débat des candidats à l’élection auquel Hernandez n’ a pas voulu assister. Son message est clair : sans lui les colombiens s’embêtent.

À plusieurs occasions Il a accusé ses adversaires d'être des "crapules" ou des "voleurs", parfois aussi des toxicomanes. Sur les réseaux, Hernandez s'exprime de manière très familière et parfois avec grossièreté.

Mais comme l’indique un membre du conseil municipal de Bucaramanga, là où hernadez fut maire : “Nous sommes à un point où peu importe ce que Rodolfo fait ou dit, les gens l'applaudissent, chaque scandale le catapulte encore plus." Et les médias locaux d'en faire leur choux gras.

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Références

L'équipe

Lucas Lazo
Collaboration
Marguerite Catton
Production déléguée
Elisa Verbeke
Collaboration