. ©AFP - Lionel BONAVENTURE
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Résumé

Les commentaires postés en ligne jouent-ils un rôle dans l'actualité ? C'est ce qu'ont essayé de savoir les sociologues Luc Boltanski et Arnaud Esquerre en analysant pour la première fois, près de 130 000 commentaires postés sur le site du Monde et sur le compte Youtube de l'INA.

avec :

Arnaud Esquerre (Sociologue, chargé de recherches au CNRS).

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Leur étude est publiée sous le titre Qu’est-ce que l’actualité politique ? Événements et opinions au XXIe siècle, aux éd. Gallimard.

Selon Boltanski et Esquerre, après les journaux de masse à la fin du XIXe siècle, la radio et la télévision, les médias de foule au XXe siècle, internet rebat les cartes du débat public.

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"Aujourd’hui sur internet, n’importe qui peut écrire n’importe quoi sans dévoiler son identité, tant et si bien que les corps disparaissent", explique Luc Boltanski. Cela confère aux réseaux une capacité de réaction, une malfaisance et une robustesse sans précédent. Cela bouleverse la relation entre le grand nombre et le petit nombre.

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Anonymat

La spécificité de l’enquête des deux sociologues est en effet d’avoir été réalisée avec des commentaires d’utilisateurs anonymes. Pas sur Facebook ou Twitter, où le risque d’être reconnu par notre cercle d’amis ou de famille, ou par notre réseau ou communauté est important. Mais sur YouTube, un réseau où quasiment personne ne renseigne son identité. Même principe pour le site du Monde où les lecteurs qui commentent écrivent sous pseudonyme.

"Être anonyme quand on commente l’actualité politique fait qu’on se sent moins tenu de devoir assumer ses propos par rapport à des proches," assure Arnaud Esquerre. "On déverse son 'fatras', on expose d’avantage ses expériences passées.” insiste-t-il.

Autre découverte à laquelle les auteurs ne s’attendaient pas, c’est que ces commentaires en ligne "évoquent très rarement des causes personnelles et sont centrés sur l’actualité."

Trolls

Enfin, Boltanski et Esquerre avouent avoir commencé leur enquête avec l’idée qu’ils rencontreraient des trolls, des internautes qui cherchent à provoquer des polémiques.

“On n'a pas trouvé de trolls mais des gens qui accusent les autres d’être des trolls. Sur le site du Monde, certains accusent d’autres d’être des trolls pour différents partis."

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"Ce qui nous a frappé dans les commentaires étudiés c’est la diversité des opinions. Même si il y a des utilisateurs qui ont des lignes très répétitives, qui vont défendre poutine ou la Russie, beaucoup d’autres vont les critiquer. Les gens ont une très grande capacité critique” conclut Arnaud Esquerre. Enfin une bonne nouvelle !

Références

L'équipe

Lucas Lazo
Collaboration
Marguerite Catton
Production déléguée
Elisa Verbeke
Collaboration