Des manifestants Indiens lors d'une manifestation contre Free Basics, le 2 janvier 2016 à Bangalore
Des manifestants Indiens lors d'une manifestation contre Free Basics, le 2 janvier 2016 à Bangalore
Des manifestants Indiens lors d'une manifestation contre Free Basics, le 2 janvier 2016 à Bangalore ©AFP - MANJUNATH KIRAN
Des manifestants Indiens lors d'une manifestation contre Free Basics, le 2 janvier 2016 à Bangalore ©AFP - MANJUNATH KIRAN
Des manifestants Indiens lors d'une manifestation contre Free Basics, le 2 janvier 2016 à Bangalore ©AFP - MANJUNATH KIRAN
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Résumé

En 2013, Mark Zuckerberg lance dans les pays en développement une application offrant à ses utilisateurs un accès gratuit à Facebook et à une poignée d'autres sites internet. Au fur et à mesure des années, Facebook a pris tellement de place dans ces pays qu'une dépendance économique s'est installée.

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Les occidentaux s’en démarquent mais en Afrique, Facebook est incontournable aussi bien pour faire marcher sa PME que pour s’approvisionner en vaccin. Dans un grand nombre de pays, Facebook c’est internet et réciproquement.

En 2015, Facebook lance son offre Free Basics, permettant un accès gratuit à toute une gamme de services de base, là où l’accès à Internet est très cher.

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L’offre de Free Basics varie selon les pays mais on y retrouve forcément Facebook, WhatsApp et Messenger. 3 applications de base du groupe Meta. Free Basics est aujourd’hui déployé dans 32 pays africains et dans 22 autres : en Amérique latine, au Moyen-Orient et en Asie centrale. Les pages Facebook des entreprises servent de vitrines et les groupe WhatsApp d’acheteurs et de vendeur accélèrent considérablement les affaires. Parfois même pour des gens qui savent à peine lire ou écrire.

L’accès à FreeBasics et son complément Flex se fait via les cartes prépayées des opérateurs de téléphonie mobile. Car 8% seulement des ménages africains sont équipés d’un ordinateur. Alors que la moitié de la population du continent possède un portable. Et lorsque les opérateurs de téléphonie sont battus, Facebook déploie ses propres satellites ou ses câbles sous-marins. En 2016, le développement de Free basic avait d’ailleurs été ralenti parce que la fusée Space X de la compagnie d’Elon Musk qui devait mettre en orbite le satellite de Facebook avait explosé au décollage en Floride.

En 2021, 251 millions d'habitants des pays africains possèdent un compte Facebook actif. Mais la firme américaine est accusée de renforcer la fracture numérique. Les riches ont accès à tout internet et les autres doivent se contenter de quelques sites auxquels Free Basics donne accès. En Inde des activistes ont dénoncé la "cyber-colonisation". L’extraction des données personnelles par Facebook a été comparée à celle des ressources pendant la colonisation. Et Free Basics y a été interdit.

Enfin, comme l’avait dénoncé la lanceuse d’alerte Frances Haugen en octobre dernier, la modération dans les langues africaines est quasiment inexistante sur Facebook. Exemple en Ethiopie où il n’existe, selon The Guardian, qu’une centaine de modérateur en langue amharique, une des 80 langues parlées dans ce pays de 115 millions d’habitants en proie à une guerre civile depuis plus d’un an. Autant dire que les bénéfices de la plateforme pour les plus faibles sont noyés dans la masse des commentaires voire de la désinformation proférés par les plus forts ou les plus nombreux.

Références

L'équipe

Lucas Lazo
Collaboration
Marguerite Catton
Production déléguée