Message de deuil pour Naira Ashraf, étudiante poignardée en Egypte après avoir refusé la demande en mariage de son camarade
Message de deuil pour Naira Ashraf, étudiante poignardée en Egypte après avoir refusé la demande en mariage de son camarade
Message de deuil pour Naira Ashraf, étudiante poignardée en Egypte après avoir refusé la demande en mariage de son camarade ©AFP - Capture d'écran facebook
Message de deuil pour Naira Ashraf, étudiante poignardée en Egypte après avoir refusé la demande en mariage de son camarade ©AFP - Capture d'écran facebook
Message de deuil pour Naira Ashraf, étudiante poignardée en Egypte après avoir refusé la demande en mariage de son camarade ©AFP - Capture d'écran facebook
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Résumé

Lundi à Mansoura, une étudiante a été poignardée en pleine rue après avoir refusé la demande en mariage d'un collègue, et l'avoir bloqué sur Facebook. Le meurtre a ému les réseaux sociaux. Mais quand les Égyptiennes déplorent le manque de sécurité, des hommes importants font l'éloge du tueur.

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Elle s'appelait Naira Ashraf. Elle était en première année à l'université de Mansoura, une ville de 500 000 habitants à 120 kilomètres au nord du Caire. La scène s'est déroulée en plein jour lundi matin, devant l'université. L'étudiante attendait le bus pour rentrer chez elle lorsqu'un homme armé d'un couteau l'a poignardée et l'a égorgée en pleine rue.

Finalement appréhendé par un passant, le jeune homme a été livré à la police. Selon le parquet égyptien, il a reconnu avoir tué la jeune femme parce qu'elle refusait d'entretenir avec lui une relation. Mais surtout, elle refusait de se marier avec lui. Depuis, on a appris que Naira Ashraf avait bloqué le jeune homme sur Facebook depuis longtemps et que son père s'était déjà plaint auprès de la police parce qu'il craignait que le jeune homme attaque sa fille sur les réseaux, en Egypte et ailleurs.

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Le hashtag #JusticeForNairasAshraf s'est vite propagé. Des photos de Naira à l'université ont été postées. Plusieurs d'entre elles ont recueilli plusieurs millions de like et autant de commentaires. Des chiffres très importants pour l'Egypte. Sur TikTok, publiés sous le hashtag JusticeForNaira, 5 millions de vues ont été recueillies en deux jours. Beaucoup d'internautes ont aussi dénoncé la disproportion entre le nombre de vidéos documentant le meurtre et le peu de personnes qui sont intervenues pour interrompre ce meurtre.

Mais les commentaires ne sont pas unanimes sur Twitter et Instagram : des photos de Naira Ashraf la montrant les cheveux libres ont été retouchées. Elle y est cette fois habillée d'une tenue islamique et d'un hijab qui lui couvre la tête. Pire, sur la page Facebook d'un million et demi d'abonnés d'Attia Mabrouk, un professeur du département des études islamiques de l'université Al-Azhar du Caire, il conseille aux femmes inquiètes de porter un hijab.

Hier, le Conseil national des femmes égyptiennes a dénoncé les propos du professeur islamiste puis a rappelé que les Égyptiennes sont régulièrement exposées à la violence et surtout lésés par la loi. Dans un pays où la propagation d'une vision rigoriste de l'islam depuis les années 70 et les traditions conservatrices ont un impact sur l'évolution de leurs droits.

Références

L'équipe

Lucas Lazo
Collaboration
Elisa Verbeke
Collaboration
Marguerite Catton
Production déléguée