Amber Heard à son procès le 19 mai 2022
Amber Heard à son procès le 19 mai 2022
Amber Heard à son procès le 19 mai 2022 ©AFP - Shawn THEW
Amber Heard à son procès le 19 mai 2022 ©AFP - Shawn THEW
Amber Heard à son procès le 19 mai 2022 ©AFP - Shawn THEW
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Résumé

L'affaire Amber Heard et Johnny Depp secoue les réseaux sociaux depuis plusieurs semaines. Mais cet acharnement de la part des supporters de Johnny Depp contre l'actrice d'"Aquaman", remet en question les avancées féministes permises grâce au mouvement #MeToo.

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Johnny Depp réclame 50 millions de dollars de dommages et intérêts à son ex-femme, l'actrice Amber Heard, après la publication d'une tribune dans le Washington Post en 2018, dans laquelle elle se disait victime de violences conjugales.

Cette histoire passionne aux États-Unis. Les articles sur l'affaire publiés sur internet déclenchent plus de clics que ceux consacrés aux menaces qui pèsent sur le droit à l'avortement ou ceux qui racontent la guerre en Ukraine. Il faut dire que le procès est retransmis en direct, et qu'à chaque audience l'intimité de l'ancien couple, est exposée jusqu'au moindre détail scabreux.

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Sur Tik Tok, le #JusticeforJohnny atteint plus de 13 milliards de vues, ce qui est considérable. En revanche, les hashtags de soutien à Amber Heard totalisent moins d'un milliard de vues. L'actrice a l'opinion des réseaux contre elle et son nom est souvent associé à des insultes dégradantes.

Sans aucun doute parce que Amber Heard est loin d'être une victime parfaite. Elle a par exemple raconté avoir utilisé un fond de teint d'une marque très précise pour couvrir les ecchymoses apparues sous les coups de Johnny Depp. Or, la marque de maquillage a affirmé dans une vidéo TikTok devenue ultra virale, que le fameux fond de teint fut lancé après le divorce des deux acteurs.

Autre faute lourde, elle a avoué à l'audience n'avoir toujours pas versé à des associations les 7 millions de dollars reçus en compensation fin 2018, comme elle l'avait promis à l'issue du règlement dy divorce. Selon le New York Times, l'affaire Amber Heard mettrait un point final au #MeToo, parce qu'elle n'incarne pas l'image de la victime de violences conjugales.

L'actrice cristallise donc les frustrations de beaucoup d'hommes sceptiques et finalement hostiles à la libération de la parole des femmes dans le cadre du mouvement #MeToo. Mais l'amplification de ce contre #MeToo n'est peut-être pas si naturelle. Le New York Times révèle aussi que les avocats d'Amber Heard ont eu recours au cabinet Bates Sentinel, un cabinet qui suit la désinformation et le harcèlement en ligne.

Or, le patron de Bot Sentinel assure que plusieurs centaines de comptes Twitter intégralement consacrés à la diffamation sont inauthentiques. Autrement dit, des faux comptes dont le but est d'amplifier le nombre de signatures de pétitions appelant les studios de production d'Aquaman à retirer l'actrice de leurs films, par exemple, ou les marques de vêtements à ne plus donner de travail à Amber Heard. Et les avocats d'ajouter leur crainte de voir ce procès devenir dévastateur pour les autres victimes de violences conjugales qui ont du mal à être entendues.