Elint News localise des vidéos sur les réseaux sociaux
Elint News localise des vidéos sur les réseaux sociaux
Elint News localise des vidéos sur les réseaux sociaux - capture d'écran
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Résumé

L'osint, pour open source intelligence ou intelligence en source ouverte a pris une nouvelle tournure depuis la guerre en Ukraine. Les "osinteurs" sont plébiscités et la discipline séduit de plus en plus d'internautes. Mais la pratique a aussi des limites et son utilisation est à nuancer.

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"Et c’est bien ça la grande différence entre le conflit actuel et les précédents", indique Baptiste Campion, docteur en information et communication à l’université de Louvain en Belgique auteur d’une note éclairante dans La Revue Nouvelle.

Dès la veille de l’offensive russe du 24 février, on trouvait en accès libre sur Internet, compilée par des internautes spécialistes de l’analyse de données, mais non professionnels du renseignement, une cartographie assez précise de l’ordre de bataille russe, confirmant les avertissements des services américains.

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Des quantités d’applications permettent d’accéder facilement à des informations qu’il était impossible d’avoir avant. C'est le cas des encombrements routiers en temps réel, des webcams météo ou de surveillance du trafic, des radars virtuels, ou encore des données publiques sur le débit du réseau internet ou la production électrique.

"Plus précisément," indique baptiste Campion, "si les caméras embarquées dans les voitures étaient moins courantes en Russie et si leurs propriétaires n’avaient pas l’habitude de partager sur les réseaux sociaux les scènes insolites qu’elles captent, il aurait été beaucoup plus difficile de confirmer la concentration de troupes."

Mais rien n'est acquis. Depuis que TikTok a suspendu la possibilité de créer et partager de nouvelles vidéos en Russie du fait de la nouvelle législation russe, il semble plus difficile de documenter ce qui se passe en Russie ou à proximité du front, au moins tel que perçu par les citoyens russes de base.

Et c’est la même chose côté Ukrainien dont les mouvements de troupes et les positions sur le front sont beaucoup moins renseignées sur les réseaux sociaux.

Et pour cause, le gouvernement ukrainien a appelé les citoyens à ne plus publier d’images géolocalisables d’opérations sur les réseaux sociaux, afin de ne livrer aucune information stratégique aux Russes. Résultats il est beaucoup plus difficile d’établir les pertes réelles des deux camps.

"Autrement dit," insiste Baptiste Campion, "une éventuelle victoire militaire russe surprendrait dans un contexte où sur les réseaux sociaux la plupart des données accessibles présentent du matériel russe détruit ou abandonné en grandes quantités."

Sans compter le rôle joué par les grandes entreprises de technologie. Lorsque Google désactive en Ukraine sa fonction de suivi du trafic, cela prive les analyses d’un outil de diagnostic tout en soutenant de fait un des belligérants, en l’occurrence ici l’Ukraine.

Références

L'équipe

Lucas Lazo
Collaboration
Marguerite Catton
Production déléguée
Elisa Verbeke
Collaboration