. ©Getty - Christy McLoughlin
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Résumé

À l'occasion de la journée nationale de mobilisation contre le harcèlement à l’école, Jean-Michel Blanquer est attendu ce jeudi sur le sujet du cyberharcèlement. Comment les réseaux sociaux alimentent-ils la spirale du harcèlement ?

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Aujourd'hui se déroule la journée nationale de mobilisation contre le harcèlement à l’école : comment procèdent les harceleurs sur les réseaux sociaux ?

Près d'un enfant sur dix concerné

Malgré la multiplication d’initiatives de prévention, le harcèlement scolaire reste prévalent en France : il concerne 700.000 enfants, soit environ un enfant sur 10. Et le cyberharcèlement est en nette augmentation; la période de confinement a ainsi fait flamber la cyberviolence. Selon le Figaro, “dans une étude réalisée à l’automne 2020 par e-Enfance, association pour la protection de l’enfance et des jeunes sur internet, 27 % des adolescents expliquent 'liker', commenter ou partager un commentaire insultant 'pour rigoler' et 26 % 'pour faire comme les autres'. Pour 15 % d’entre eux, il ne s’agit pas de 'cyberharcèlement'."

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Parmi les causes de ces violences, la "jalousie ou l'envie" arrivent en tête des réponses, suivies du "physique" et de la "vengeance". Les modes du cyberharcèlement sont diverses. D’une manière générale, les attaques se font avec la complaisance du groupe. Il peut s’agir de commentaires ou de publications humiliantes, de création de faux profils pour humilier la victime ou d’exclusion par la création de groupes dont certains sont sciemment exclus. Les comptes “fisha” (du mot affichage) exhibent des photos intimes de filles, souvent avec le numéro du département de la victime et ses coordonnées, appelant à des raids de haine à l’encontre de la personne. Certains groupes Telegram rassembleraient jusqu'à 230.000 personnes. La pratique s’assimile à ce qu’on appelle aujourd’hui le "doxing", qui consiste à jeter en pâture une personne sur internet.

Quel lien avec la cour d'école ?

Le traumatisme de l’affaire Dinah, cette jeune fille de 14 ans qui s’est suicidée à Mulhouse le 5 Octobre dernier rappelle l’importance de préjugés sexistes et racistes dans les démarches de harcèlement. Cela faisait deux ans que Dinah se faisait insulter, notamment sur un groupe WhatsApp qu’elle entretenait avec des jeunes filles côtoyées au collège et auxquelles elle avait confié son homosexualité. Mais peut-on dire que les élèves qui harcèlent en ligne sont toujours ceux qui harcèlent à l’école ? Réponse de la chercheuse en psychologie Violaine Kubiszewski, dans Le Monde d'hier : pas systématiquement. “Plusieurs résultats invitent à considérer que les caractéristiques des cyberespaces, comme l’anonymat ou l’absence de retours émotionnels de l’interlocuteur, peuvent générer de la désinhibition et des conduites nuisibles qui n’auraient pas eu lieu en face à face.”

Dernier conseil, comme l’explique le site dédié aux parents qui suspectent leurs enfants d’en harceler d’autres : ne gérez pas vous-même la situation, ne tentez pas de contacter la victime : cela pourrait aggraver la situation. Appelez le 3018 pour recevoir des conseils avisés.

58 min
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Références

L'équipe

Lucas Lazo
Collaboration
Marguerite Catton
Production déléguée
Max Schneider
Collaboration