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Résumé

Facebook (ou Meta) a annoncé mardi l'abandon de la reconnaissance faciale pour ses applications et la suppression des données biométriques pour plus d'un milliard de personnes. Comme quoi les images - statiques ou animées - renferment des enjeux de taille pour les géants de la tech...

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Il y a trois jours, Meta, l’ex-Facebook a décidé de redorer son image en arrêtant de collecter les nôtres, précisément en renonçant aux technologies de reconnaissance faciale sur le réseau social, supprimant du même coup les données biométriques qu'elle avait compilées avec son logiciel Deep Face ; vous ne pourrez plus compter sur Facebook pour vous souffler les noms des cousins de vos cousins sur la photo que vous avez prise hier, et Facebook ne pourra plus compter sur vos photos pour découvrir qu’il y avait Donald Trump à votre dîner de famille et que peut-être, vous êtes sensible à des théories anti-vaccin et que peut-être, il serait bon de vous inonder de contenus complotistes pour garder votre attention captive de sa plateforme... Au passage, l’annonce permet à Facebook de rejoindre à peu de frais la bande conscientisée des GAFA, les entreprises woke comme Amazon, IBM ou Microsoft qui s'étaient retirées du marché ou avaient au moins cessé temporairement leur collaboration avec la police après la mort de George Floyd et le mouvement Black Lives Matter, c’était il y a déjà plus d’un an...  

Un petit pas pour Facebook, un grand pas pour l’humanité ? Sans paraître cynique, Facebook collecte et possède des données sur votre personne infiniment plus sensibles et valorisables que l'annonce de votre copinage trumpien : elle lit directement les messages que vous lui envoyez sur Whatsapp ! Pardon, pour Whatsapp ce n’est pas prouvé, mais pour Messenger, c’est plus que probable, selon les experts... De toute manière, par-delà le consommateur inquiet, l’annonce vise aussi à rassurer le régulateur : "voyez comme je suis sage", dit Facebook, "et comme je me suis de moi-même modéré", croyez qu’il n’est nul besoin de décisions sévères ni de textes restrictifs ! 

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Pour l’instant, la jurisprudence est bien maigre, mais quelques avancées quand même : Clearview, l’une des start-up les plus emblématiques du commerce des données biométriques privées. Elle s’est constituée une base de 10 milliards de photos récupérées sur les réseaux dont elle facture l’accès ; Clearview a donc été condamné hier par la Cnil de Canberra à cesser de collecter des visages australiens et à effacer toutes les données concernant nos amis du Pacifique. La France suit la même voie au titre du Règlement Général sur la Protection des Données. Mais comme le signale Xavier Brucker, spécialiste de l’intelligence artificielle, la technologie avance, il sera difficile de l’arrêter. D'autant que le marché chinois est moins pudique que le nôtre. Aujourd'hui en Chine, on paie, on signe, on récupère ses enfants à l’école grâce à la reconnaissance faciale...  

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L'équipe

Lucas Lazo
Collaboration
Max Schneider
Collaboration