Des policiers détiennent des manifestants à Saint-Pétersbourg, le 21 septembre 2022, suite aux appels à protester contre la mobilisation partielle annoncée ©AFP - OLGA MALTSEVA
Des policiers détiennent des manifestants à Saint-Pétersbourg, le 21 septembre 2022, suite aux appels à protester contre la mobilisation partielle annoncée ©AFP - OLGA MALTSEVA
Des policiers détiennent des manifestants à Saint-Pétersbourg, le 21 septembre 2022, suite aux appels à protester contre la mobilisation partielle annoncée ©AFP - OLGA MALTSEVA
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Résumé

Depuis que Vladimir Poutine a annoncé hier matin la mobilisation de 300 000 réservistes, l’opinion russe est scrutée avec la plus grande attention par les observateurs.

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Les analystes se sont d’abord penchés sur les recherches Google et ont découvert en tête de liste "Comment se casser un bras ?" et surtout "Comment quitter la Russie ?" : une partie de la population ne croit pas à la notion de mobilisation partielle et cherche à s’enfuir.

Des réactions multiples

Pour essayer d’avoir une vision un peu plus fine des réactions, j’ai regardé la chaîne 1420 sur Youtube, chaîne russe qui s’est spécialisée dans les micros-trottoirs à Moscou. La vidéo tournée peu après le discours du Président s’intitule : "Are you ready to die in Ukraine ?", soit "êtes-vous prêts à mourir en Ukraine ?". À cette question, tout un panel de réponses est recueilli : Un premier homme, virulent dénonce des criminels d’Etat qui poussent à la guerre au lieu de travailler à améliorer la vie de leurs concitoyens ; un autre répond fataliste : s’ils nous mobilisent, on ira ; une troisième plus jeune s’emmêle un peu : je soutiens complètement l’opération spéciale, enfin, la guerre... mais ce n’est pas clair ce pour quoi on se bat là-bas... ; d’autres très francs : êtes-vous prêts ? Mais non bien sûr que non ! Ou encore : pour tuer des nazis ? J’en suis ! Si vraiment il n’y a pas le choix, j’irai... On n’a qu’une patrie… Bref l’enthousiasme n’est pas au rendez-vous, mais l’objection de conscience semble peu virulente.

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L'exemple ne vient pas d'en haut

Si l’on en croit le Twitter d’Alexandre Scherba, diplomate ukrainien, les élites sont les moins motivées et le propre fils du porte-parole du Kremlin, Dimitri Peskov l’est très peu : piégé par un journaliste télé qui se fait passer pour le commissariat militaire et lui demande de se présenter à 10 heures le lendemain pour être mobilisé, il tente d’abord d’intimider le faux officier : "je m’appelle Peskov au cas où vous n’auriez pas compris… Ah mais alors vous êtes volontaire ? Et la réponse fuse, sûrement pas ! Si la vidéo tourne sur les réseaux, je ne suis cependant pas en mesure de garantir son authenticité."

A-t-on assisté à des mobilisations publiques ?

La peur rôde : si l’on est arrêté en manifestation, on peut être envoyé directement à l’armée, comme l’explique Paul Gogo le correspondant de Libération sur son compte twitter ; mais sous le mot dièse Niet Voinie : non à la guerre, de nombreuses vidéos ont été partagées depuis Moscou et les grandes capitales régionales : des rassemblements qui ont commencé dès la matinée et se sont renforcés à partir de 19h... Sur certaines images, les manifestants sont peu nombreux, épars, sur d’autres, les attroupements sont plus importants, les cris Niet Voinie, Niet Mobilisatie résonnent. Mais partout on distingue une armée de policiers qui frappe et arrête. Cyniques, les comptes de Zonamedia regrettent que l’efficacité de ces forces de sécurité ne soit pas plutôt déployée sur le front.

Références

L'équipe

Lucas Lazo
Collaboration
Baptiste Muckensturm
Baptiste Muckensturm
Marguerite Catton
Marguerite Catton
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Production déléguée