Une jeune femme retire son voile et le brûle en signe de contestation après la mort de Mahsa Amini. Capture d'écran
Une jeune femme retire son voile et le brûle en signe de contestation après la mort de Mahsa Amini. Capture d'écran
Une jeune femme retire son voile et le brûle en signe de contestation après la mort de Mahsa Amini. Capture d'écran
Publicité
Résumé

Une photo aux couleurs du deuil enflamme les réseaux sociaux iraniens : celle d’une jeune femme en chemise noire, un voile déjà funèbre sur sa tresse brune.

En savoir plus

Mahsa Amini, 22 ans, morte le 16 septembre à l’hôpital de Téhéran après trois jours dans le coma et deux heures dans les locaux du commissariat où elle avait été conduite pour "port de vêtements inappropriés" : son voile ne couvrait pas assez ses cheveux aux dires de la police des mœurs ; depuis, la société civile clame sa colère dans la rue comme sur les réseaux : dans certaines villes du Kurdistan iranien d’où vient la famille Amini, des cortèges d’hommes et de femmes ont défilé Hijab à la main en criant mort à Khamenei, le guide suprême, et partout, sur Twitter et Télégram, les ciseaux s’exhibent, les chevelures tombent et les hijabs brûlent.

5 min

Comment réagissent les autorités ?

Si l’on s’en tient aux paroles, tout le monde déplore la tragédie dans un bel élan d’unanimisme ; même Ebrahim Raïssi le président ultra-conservateur qui demandait, il y a quelques mois un durcissement des contrôles pour préserver "les valeurs et les fondations religieuses de la société" aurait déclaré à la famille de la victime : "Votre fille est comme ma propre fille et j’ai l’impression que cet incident est arrivé à l’un de mes proches".

Publicité

La répression a déjà commencé

Mais si l’on regarde les actes, on observe des manœuvres dilatoires : l'enquête est prévue pour durer au moins trois semaines et surtout les vidéos diffusées sur les réseaux permettent de comprendre que la répression a déjà commencé : déjà la BBC a reçu et identifié des images montrant que les forces de sécurité ont ouvert le feu sur les manifestants peu après les obsèques de la jeune femme. À Téhéran, les canons à eau ont été déployés face aux étudiants de l’Université… Un compte relayé par le journaliste de la BBC Shayan Sardarizadeh annonçait qu’hier soir internet avait été coupé dans la capitale du Kurdistan iranien et la nuit a été émaillée de scènes de luttes dans la province du Gilan comme dans la capitale. Sur Twitter, une nouvelle image s’impose : celle d’une femme debout sur le toit d’une voiture, son voile ôté qui brûle au bout d’une branche et des hommes qui l’acclament et la défendent.

Références

L'équipe

Lucas Lazo
Collaboration
Baptiste Muckensturm
Baptiste Muckensturm
Marguerite Catton
Marguerite Catton
Marguerite Catton
Production déléguée