. ©Getty - Christophe Lehenaff
. ©Getty - Christophe Lehenaff
. ©Getty - Christophe Lehenaff
Publicité
Résumé

#SaccageParis prend de l'ampleur depuis le début de l'année sur Twitter : ralliement spontané ou mouvement politique ?

En savoir plus

Aujourd’hui, gros plan sur le mot dièse saccageParis qui dénonce l’enlaidissement et le délabrement supposé de Paris, les dégradations du mobilier urbain, et le manque d’entretien de l’espace public. Le #saccageParis, devenu viral en six mois cumule désormais près de 2 millions de Tweets, avec une accélération des likes dans les 15 derniers jours.

Au départ, au printemps dernier, ce hashtag n’était associé qu’au compte Twitter @PanamePropre, le compte d’un anonyme qui se présente sur Tweeter comme “Humaniste. Non aux extrêmes. Nous n'acceptons plus #Paris encrassée et enlaidie. Faisons pression sur A. #Hidalgo". Le compte totalise aujourd’hui 10 000 abonnés. Il faut lui reconnaître une certaine influence : en juillet, la mairie de Paris avait réagi à certaines critiques et infléchi sa politique en retirant des “bancs mikado” ressemblant à des traverses de chemins de fer et des sièges publics “champignons”. Quoi qu’elle en dise, la mairie de Paris a semblé apporter une réponse aux critiques véhiculées par le compte anonyme PanamePropre.

Publicité

En fait, c’est la récupération du hastag saccageParis qui est intéressante. Sur Twitter, ce mot dièse est devenu un creuset pour toutes les forces anti-Hidalgo. On y voit par exemple des montages photos pour appuyer ses démonstrations sur l’insalubrité à Paris... Mais sur Internet, un site saccageParis est désormais en ligne : le ton y est plus policé, les arguments étayés - mais le propos reste ouvertement hostile à la politique de la maire de Paris. Dimanche, lors de la déclaration de candidature à la présidentielle d’Anne Hidalgo à Rouen, des manifestants ont brandi une pancarte qui affirmait “Hier Paris, demain la France ? Halte au Saccage #StopHidalgo”. L’action, qui a culminé dans la mise à l’eau d’un cercueil, a été revendiquée par l’Action Française - Paris et ornée sur Twitter du mot dièse #saccageparis.

Le sénateur socialiste David Assouline, qui était sur place, a dénoncé l’action, et accuse #saccageparis d’être orchestré par l’extrême-droite. Etrangement, le site SaccageParis, qui déclare se distinguer de tous ceux qui utilisent le hashtag, n’a pas directement réagi à l’action du groupuscule d’extrême-droite à Rouen. Anonyme dans la cacophonie. C’est à se demander si, comme on dit, qui ne dit mot consent.

Un rapprochement dénoncé par #PanamePropre, qui se réclame d’avoir lancé le mouvement en ligne en avril 2021. David Assouline : "Ce sont des Parisiens et des Parisiennes inciviques qui salissent les rues, et la ville avec des moyens en constante augmentation et ses travailleurs qui nettoient ; et c’est la droite qui vote contre tous les programmes de logement sociaux dans les arrondissements qu’elle dirige."

Références

L'équipe

Lucas Lazo
Collaboration
Marguerite Catton
Production déléguée
Max Schneider
Collaboration