France Culture
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followtheoutbreak.wordpress.com/2014/03/24/
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La gestion médicale, politique et médiatique de l’épidémie Ebola, dont le virus avait été identifié en 1976 en Afrique centrale, a suscité beaucoup de critiques. Entres autres : lenteur de la mobilisation internationale (les premiers symptômes datent de décembre dernier) dramatisation ultérieure, l’avenir étant d’ailleurs présenté aujourd’hui comme catastrophique, après les quelque 2 300 morts recensés (la moitié au Liberia) ; quarantaines, notamment aériennes, voire totales (Sierra Leone, du 19 au 21 septembre), créant des illusions de sécurité sanitaire ou favorisant au contraire ce qu’on a appelé une « épidémie de la peur ».

À l’inverse, on remarque que des pays touchés relèvent de guerres civiles particulièrement longues et cruelles, que la Guinée-Conakry était hier encore un « royaume ermite » de par la nature de son régime que les services administratifs sont souvent absents que les frontières internationales terrestres sont des passoires qu’aucun médicament sûr n’existe ; que le délabrement sanitaire (hygiène de base…) est la règle que les équipes de santé paient un lourd tribut elles-mêmes (MSF…), etc.

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Surtout, l’approche culturelle de la maladie et de ses conséquences sociales a été négligée ou volontairement écartée.

Sylvie Brunel, professeur à la Sorbonne, géographe