Participants à un programme des Nations Unies au Soudan du Sud, , dont le but est de réunifier les forces du gouvernement et de l'opposition au sein d'une armée unique. ©AFP - TONY KARUMBA
Participants à un programme des Nations Unies au Soudan du Sud, , dont le but est de réunifier les forces du gouvernement et de l'opposition au sein d'une armée unique. ©AFP - TONY KARUMBA
Participants à un programme des Nations Unies au Soudan du Sud, , dont le but est de réunifier les forces du gouvernement et de l'opposition au sein d'une armée unique. ©AFP - TONY KARUMBA
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Résumé

Pendant la guerre civile déclarée en 2013, elles ont eu un rôle important, ont été responsables financièrement et matériellement de leur famille. Mais l'accord de paix et la transition politique ne semblent pas se soucier de droits des femmes. Entretien avec la chercheuse Emmanuelle Veuillet.

avec :

Emmanuelle Veuillet (Doctorante en science politique à l'Université Paris 1 - Panthéon Sorbonne).

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Les femmes, si vulnérables dans les conflits armés, les femmes dont les corps sont aussi des champs de bataille face aux milices et à tous ceux qui profitent du chaos... Les femmes devaient être à la fois protégées et incluses dans les processus de paix. C’était une résolution des Nations unies, la résolution 1325, votée il y a…. 20 ans.

Résultat : pas une femme visible dans les récentes discussions américaines avec les Talibans, aucune au Yémen… au Mali, elles sont à peine 3% dans les comités nationaux qui surveillent l’application de l’accord de paix. En République centrafricaine, elles étaient quatre sur cinquante négociateurs. 

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Au Soudan du sud aussi, un processus de paix est en cours. Ce pays déclaré indépendant en 2011 a sombré dans la guerre civile deux ans plus tard; six années de guerre ont fait près de 400 000 morts et 4 millions de déplacés.

Le président Salva Kiir, membre de l’ethnie Dinka, et son ancien adjoint et rival Riek Machar un Nuer, se sont réconciliés pour mettre en place un gouvernement d’union… et faire vivre l’accord de paix. Alors que chaque partie négocie aujourd’hui la répartition des postes ministériels, quelle place pour les femmes, dont le monde entier célébrera après-demain les « droits » pour faire bonne figure ?

Même si les Soudanaises du sud n'ont pas connu la charia comme leurs voisines du Nord sous Omar el-Béchir, elles ont dans tous les cas connu des normes et des structures politiques très patriarcales, qui demeurent jusqu'aujourd'hui excessivement inégalitaires. C'est en cela qu'elles n'ont toujours pas leur place et quand elles sont là, c'est plutôt en tant que faire-valoir. Malheureusement, elles sont rentrées dans cette politique symbolique ("il faut que vous ayez des femmes") que d'autres organes imposent au gouvernement. Mais les structures ne changeant pas, ces femmes-là n'arrivent pas à rendre les choses plus équitables.    Emmanuelle Veuillet

Références

L'équipe

Julie Gacon
Julie Gacon
Julie Gacon
Production
Marine Beccarelli
Collaboration