protest against President Nkurunziza and his bid for a third term
protest against President Nkurunziza and his bid for a third term
protest against President Nkurunziza and his bid for a third term ©Maxppp - REUTERS/Goran Tomasevic
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Résumé

Les menaces sur le Burundi ne cessent de s’aggraver depuis un an. Il est vrai que le pays a souvent traversé des périodes chaotiques depuis l’avènement de la république en 1966.

avec :

Jérémy Révillon (enseignant-chercheur en histoire associé au LAM (Laboratoire Les Afriques dans le Monde) de Sciences Po Bordeaux.).

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De nombreux coups d’État, des massacres à caractère génocidaire (notamment, celui des Hutus par les Tutsis en 1972), une longue et cruelle guerre civile de 1993 à 2006, etc.

Depuis l’année dernière, le président, réélu en juillet dernier lors d’un scrutin boycotté par l’opposition, est accusé --tout comme elle—de perpétrer des atrocités. 

On avait craint au printemps dernier l’embrasement voire l’implosion de ce petit État, peuplé de dix millions d’habitants, à 80 % hutus.

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Comment en est-on arrivé là ? Quelles forces politiques en présence ? Quels espoirs dans les médiations régionales ? L’Union africaine forcera-t-elle le président à accepter une force de prévention et de protection ? Quelles conséquences régionales ?

                                                                                                                                                                                                                    Th. G. 

Le Burundi s’enfonce dans une crise meurtrière mais refuse l’aide de l’Union africaine qui pourrait l’enrayer. L’envoi de ces troupes au Burundi semblait hier totalement compromis, le représentant de l’organisation de l’Union africaine (UA) pour ce petit pays des Grands Lacs jugeant« inimaginable » un tel déploiement sans le consentement du gouvernement de Bujumbura qui y est farouchement opposé. La capitale est désormais le théâtre de nombreuses exécutions extrajudiciaires, d’accrochages nocturnes réguliers, tandis que les auteurs d’un coup d’État avorté en mai ont promis de renverser le gouvernement par les armes si nécessaire.

Des dizaines de personnes tuées par les forces de sécurité du Burundi le mois dernier auraient été enterrées dans des fosses communes. Des images satellites viennent confirmer les vidéos et les récits de témoins. Elles pointent du doigt une tentative délibérée des autorités de dissimuler l'ampleur des homicides perpétrés par leurs forces de sécurité et d'empêcher la vérité d'éclater au grand jour. Quant aux charniers présumés, ils doivent être sécurisés jusqu'à ce que de véritables enquêtes soient menées, et les dépouilles retrouvées dans ces fosses devront ensuite être exhumées afin de déterminer les causes de la mort.