Chine. Faut-il relativiser la mauvaise santé de l’économie chinoise ?
Chine. Faut-il relativiser la mauvaise santé de l’économie chinoise ?
 ©Reuters - Jason Lee
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Résumé

L’économie chinoise, si puissante, n’est pas non plus un long fleuve tranquille. Le ralentissement actuel et semble-t-il durable de l’économie chinoise intéresse tout le monde.

avec :

Claude Meyer (Conseiller au Centre Asie de l’IFRI, enseigne l'économie internationale à Sciences Po et à l'étranger.).

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D’abord, les États-Unis, principal client et partenaire global comme la Chine elle-même (par exemple, Pékin est devenu le premier exportateur mondial depuis 2009, ayant dépassé alors l’Allemagne). Ensuite, les pays asiatiques qui ont contribué à transformer la Chine en immense usine d’assemblage. Enfin, les pays émergents, dont beaucoup vendent moins à la Chine.

Comment interpréter ce ressac ? Pourquoi cette légère dépréciation de la monnaie ? Pourquoi ces récents mouvements de capitaux ? Les chiffres sont-ils fiables ? Quelle est la marge de manœuvre des autorités ? Faut-il analyser la situation en fonction du court mais aussi du moyen terme ?                                                          Th. G.

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Un congrès du parti, il y a seulement 14 ans à Pékin
Un congrès du parti, il y a seulement 14 ans à Pékin
© Reuters - Guang Niu

Alors que le ralentissement de l’économie chinoise se confirme et que ses effets négatifs se font sentir dans le monde, le président Xi Jinping semble avoir définitivement pris en main les rênes de la politique économique. Les députés savent que le nouveau boss en matière économique se nomme Xi Jinping. Après avoir mené sa chasse contre la « vieille garde », mis l’armée au pas, l’hyperprésident chinois cherche aujourd’hui à imposer sa vision de l’économie chinoise. Le Quotidien du peuple, organe du Parti communiste et lecture obligée de tous ses cadres, s’en est fait l’écho avec la publication, à partir du 4 janvier, d’une série d’articles sur « la pensée économique de Xi Jinping » .

«L'économie chinoise ne connaîtra absolument pas d'atterrissage brutal», a déclaré Xu Shaoshi, le président de l'agence de planification (NDRC). Celui-ci s'exprimait devant la presse au deuxième jour de la session annuelle de l'Assemblée nationale populaire, le Parlement chinois. «Les prédictions sur l'atterrissage soit-disant +brutal+ vont très certainement échouer. Alors s'il vous plaît, que tout le monde se calme, cette possibilité n'existe pas».

Être la première (ou première, selon les paramètres et les statistiques) économie du monde, être dans un système communiste et être également le pays le plus peuplé de la planète n'a pas que des avantages. Alors qu'en France le licenciement de fonctionnaires se fait par tranches de cent personnes, en Chine ce sont six millions de personnes qui se retrouveront au chômage d'un seul coup, comme nous l'explique Marie Viennot dans son Billet économique, publié ici sur le site de France Culture.

Mais la Chine reste un acteur majeur de l'économie mondiale. Alors que le monde scrute désormais les moindres faits et gestes de Pékin, qui multiplie les expériences politiques, la Chine peut inverser la vapeur si elle réussit à surmonter un triple défi. Alors, 2016 sera-t-elle l'année du singe, comme le prévoit l'horoscope, ou celle de l'éléphant ? La Chine saura-t-elle retrouver agilité des politiques publiques et ruse pour sauver ses entreprises en difficulté ?