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Cinq ans après le refus par le président Gbagbo de reconnaître sa défaite, et au terme d’une guerre civile particulièrement longue et cruelle, le président Ouattara a souhaité se succéder à lui-même pour un second et dernier mandat.
Six millions d’inscrits sur 23 millions d’habitants (mais il y a traditionnellement un grand nombre d’immigrés en Côte d’Ivoire), une abstention redoutée qui pourrait en partie s’expliquer par l’appel au boycottage d’une opposition divisée et morcelée. Une économie prospère avec une croissance de 9 % depuis 2012, une amélioration du niveau de vie, une politique ambitieuse de grands travaux, des investissements étrangers qui reviennent dans un pays qui a fait sa fortune sur le café et surtout le cacao (premier producteur mondial).

Quels enseignements des premiers résultats ? Quels clivages Nord-Sud persistants ? Le président Ouattara a-t-il pratiqué une « justice des vainqueurs » ? Pourquoi les opposants crient-ils à une « mascarade électorale » ? Quelles grandes priorités pour le pays ?

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Th. G.

portrait of incumbent president Alassane Ouattara on it, during the congress of the Rally of the Republicans (RDR) at the Treich
portrait of incumbent president Alassane Ouattara on it, during the congress of the Rally of the Republicans (RDR) at the Treich
© Reuters

En Chine , on semblait vouloir aider très concrètement à la réélection du président en place. Le pays, qui finance à hauteur de 85% les travaux de modernisation du port d'Abidjan, a officiellement lancé ce titanesque chantier... il y a à peine deux semaines, en pleine campagne électorale ! Si le port d'Abidjan est le seul poumon de l'économie ivoirienne, sans lequel le pays s’arrêterait de respirer, la Chine accompagne déjà le gouvernement dans la modernisation de ses infrastructures avec, notamment, la construction de plueisurs hôpitaux, la réalisation de l'autoroute entre Abidjan et Grand-Bassam (au sud-est), la construction d'un stade de taille olympique, l'aménagement du plus grand barrage hydroélectrique du pays à Soubré (au sud-ouest) ou encore l'approvisionnement en eau potable de la capitale. Des investissements gigantesques.

En Afrique , une infographie animée décrit de manière synthétique le profil des candidats restants. Quelles sont leurs origines géographiques dans ce grand pays ? Quelle religion pratiquent-ils ? Quel sexe et quel âge ont-ils ? Quelles études ont-ils faites ? Pour qui roulent-ils ?

Le candidat sortant a déclaré qu'il œuvrerait s'il est réélu en faveur d'une grosse réforme constitutionnelle. Bien parti pour remporter un second mandat, il a déclaré dans une interview à l’agence Reuters vouloir faire abroger la clause d’ivoirité, qui est toujours inscrite dans la Constitution : elle demeure symbole de l’exclusion sociale des habitants du Nord, qui ont souvent une partie de leur famille au Burkina Faso et au Mali. Dans un pays à vocation agricole, qui dès l´époque des indépendances africaines, a bâti sa prospérité au moyen de la culture exportatrice du cacao et du café, désigner celui à qui appartient la terre revient à dire qui possède une partie de la richesse de la nation.

En Allemagne , on constate avec regret que cette campagne électorale se déroule sur fond de menaces ou d'intimidations : au départ, il y avait dix candidats à l'élection présidentielle. Au début du mois, ils n’étaient déjà plus que neuf à rester encore dans la course…

Située à plus de 600 kilomètres d'Abidjan, presqu’une journée de route, Man est une ville meurtrie par plusieurs années de crise et de violences. En prévision du scrutin, population et autorités tentaient ces derniers temps de surmonter le passé, entre craintes et espoirs.

Qualifiée de "processus non démocratique" et considérée par plusieurs opposants comme étant largement dominée par le président sortant, la campagne menée ces derneirs mois ne semblait pas arriver à soulever l'enthousiasme des électeurs potentiels. Pourquoi ce manque d'engouement ? Youssouf Bakayoko, président de la Commission électorale indépendante (CEI) répond dans une interview donnée en langue française à la radio publique allemande.

En Belgique , pays où le chocolat est roi, on rappelle que la Côte-d’Ivoire entretient encore une forme d’esclavagisme envers certaines couches de sa population. C’est ainsi qu’une cinquantaine d’enfants de 5 à 16 ans ont été secourus cet été dans des plantations de San Pedro, situées dans le sud-ouest de la Côte d'Ivoire. Selon Interpol, "les conditions extrêmes mettaient en danger la santé de ces enfants" ... alors qu’ils travaillaient chaque jour de longues heures, sous un soleil de plomb et sans jamais recevoir la moindre paie !

Références

L'équipe

Thierry Garcin
Production
Benjamin Hû
Réalisation