Le président indonésien Joko Widodo, candidat à son second mandat, et le candidat à la présidence Prabowo Subianto  à la déclaration de paix pour la campagne électorale de 2019 au Monument national à Jakarta le 23 septembre 2018
Le président indonésien Joko Widodo, candidat à son second mandat, et le candidat à la présidence Prabowo Subianto à la déclaration de paix pour la campagne électorale de 2019 au Monument national à Jakarta le 23 septembre 2018
Le président indonésien Joko Widodo, candidat à son second mandat, et le candidat à la présidence Prabowo Subianto  à la déclaration de paix pour la campagne électorale de 2019 au Monument national à Jakarta le 23 septembre 2018 ©AFP - CRÉDITADEK BERRY / AFP
Le président indonésien Joko Widodo, candidat à son second mandat, et le candidat à la présidence Prabowo Subianto à la déclaration de paix pour la campagne électorale de 2019 au Monument national à Jakarta le 23 septembre 2018 ©AFP - CRÉDITADEK BERRY / AFP
Le président indonésien Joko Widodo, candidat à son second mandat, et le candidat à la présidence Prabowo Subianto à la déclaration de paix pour la campagne électorale de 2019 au Monument national à Jakarta le 23 septembre 2018 ©AFP - CRÉDITADEK BERRY / AFP
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Résumé

Avec 55 % des voix estimées contre 43 % pour Prabowo Subianto, le président Joko Widodo serait largement réélu jusqu'en 2024. La polarisation de la campagne ces derniers mois sous l'influence des islamistes conservateurs n'a pas empêché un scrutin calme, dans le plus grand pays musulman au monde.

avec :

Sophie Boisseau du Rocher (chercheuse associée au Centre Asie de l'Institut français des relations internationales (IFRI)).

En savoir plus

C'est la plus grande élection jamais organisée en Indonésie. Plus de 190 millions d'électeurs indonésiens ont dû choisir entre 245 000 candidats en lice pour élire leur président et leurs députés, sénateurs, gouverneurs et maires le 17 avril. Une heure après la fermeture des bureaux de vote, trois instituts de sondage donnent le président sortant Joko Widodo gagnant. Les résultats officiels ne seront publiés qu'en mai, et son principal adversaire, l'ex-général Prabowo Subianto, refuse de reconnaître sa défaite, clamant des incidents lors du scrutin. 

Dans ce pays qui compte la plus importante population musulmane au monde, les deux candidats n'ont pas lésiné sur les moyens pour inciter la population à se rendre aux urnes tout en instrumentalisant l'islam pour séduire l'électorat musulman conservateur. 

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Joko Widodo, un président pragmatique face à la progression du courant musulman conservateur 

Joko Widodo avait bien pris la mesure du courant conservateur qui travaille la société indonésienne et pour le satisfaire, il avait, à la grande surprise de tous, choisi comme collistier Ma'ruf Amin, le président du Conseil des oulémas, c'est-à-dire l'organisation qui émet les fatwas et donc qui a un rôle excessivement important dans l'islam indonésien. Sophie Boisseau du Rocher

A l'origine, le président sortant était vu comme un musulman modéré mais il a dû insister sur son rapport à l'islam pour contredire une campagne qui visait à le rendre hostile à cette religion majoritaire du pays et qui le décrivait comme étant un communiste trop proche de la Chine. Le fait d'avoir un prédicateur islamiste conservateur à la vice-présidence lui permet de donner des gages à l'électorat conservateur musulman mais cela au détriment des minorités religieuses, ethniques et de la communauté LGBT.

Ecoutez l'analyse de Sophie Boisseau du Rocher sur le parcours politique de Joko Widodo

1 min

Plus proche des groupes islamistes radicaux, Prabowo Subianto a courtisé des membres du Front de défense de l’islam (FPI) et du Hizb ut-Tahrir Indonesia (HTI) pour s'illustrer comme le fervent défenseur du nationalisme indonésien prêt à élargir le rôle de l’islam dans la vie quotidienne de ses concitoyens. Néanmoins, selon le Jakarta Post, Subianto comme Widodo ne sont pas des figures islamiques mais des "membres porteurs de cartes de partis nationalistes qui ont utilisé le sentiment religieux uniquement dans le cadre de leurs stratégies de campagne". 

58 min

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