Un manifestant touché par un cocktail Molotov lors d'affrontements avec la police,  pendant une manifestation contre un projet de réforme fiscale, à Cali, en Colombie, le 3 mai 2021.
Un manifestant touché par un cocktail Molotov lors d'affrontements avec la police, pendant une manifestation contre un projet de réforme fiscale, à Cali, en Colombie, le 3 mai 2021.
Un manifestant touché par un cocktail Molotov lors d'affrontements avec la police,  pendant une manifestation contre un projet de réforme fiscale, à Cali, en Colombie, le 3 mai 2021. ©AFP - LUIS ROBAYO
Un manifestant touché par un cocktail Molotov lors d'affrontements avec la police, pendant une manifestation contre un projet de réforme fiscale, à Cali, en Colombie, le 3 mai 2021. ©AFP - LUIS ROBAYO
Un manifestant touché par un cocktail Molotov lors d'affrontements avec la police, pendant une manifestation contre un projet de réforme fiscale, à Cali, en Colombie, le 3 mai 2021. ©AFP - LUIS ROBAYO
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Résumé

Les manifestations qui ont éclaté il y a une semaine, à l'origine contre un projet de réforme fiscale depuis lors retiré, sont réprimées par policiers et soldats encouragés par Ivan Duque. On compte déjà une vingtaine de morts. Entretien Jacobo Grajales professeur à l'Université de Lille.

avec :

Jacobo Grajales (professeur en science politique à l’Université de Lille et membre du CERAPS.).

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A leur déclenchement il y a une semaine, les manifestations en Colombie avaient pour objet un projet de réforme fiscale, depuis retiré. Mais les Colombiennes et les Colombiens continuent à défiler dans les rues de Bogota, de Medellin, de Cali… comme ils l’avaient fait fin 2019 avant que la pandémie ne fasse rentrer tout le monde chez soi. Le mécontentement est plus global contre le gouvernement de droite.

Le président Ivan Duque, prétextant que les troubles sont organisés par des groupes armés qui voudraient prendre le contrôle des anciens fiefs des Farc, ne cesse d’envoyer de nouveaux renforts de policiers et de militaires… Le Défenseur du peuple, l’entité publique qui veille sur les droits, avait recensé lundi matin19 morts, 89 disparus plus de 800 blessés.

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Il faut replacer ces évènements dans le contexte d'un Etat qui s'est constitué ces 30 dernières années comme un Etat répressif. Et la police n'a pas la formation, n'est pas organisée pour gérer dans la conciliation et dans la négociation la contestation sociale, mais plutôt pour voir partout un ennemi interne. C'est pour cela que tous les discours qui sont aujourd'hui véhiculés par des politiques conservateurs qui assimilent la contestation sociale au terrorisme est extrêmement dangereux, puisqu'ils viennent légitimer des formes de violence qui sont celles de la lutte contre le terrorisme, de la lutte contre les drogues et non pas celle de la relation entre un Etat et ses citoyens.    Jacobo Grajales

La pandémie a très fortement affecté la population colombienne : d'après les chiffres publiés la semaine dernière, le pourcentage de la population vivant en-dessous du seuil de pauvreté est passé de 35 à 42%. Et la pauvreté absolue - les gens qui sont dans des situations d'insécurité alimentaire - est passée de 9 à 15%.      Jacobo Grajales

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Références

L'équipe

Julie Gacon
Julie Gacon
Julie Gacon
Production
Vivien Demeyère
Réalisation
Marine Beccarelli
Collaboration