18 mars 2016 sur la place Rouge  : Moscou fête l'annexion de la Crimée
18 mars 2016 sur la place Rouge : Moscou fête l'annexion de la Crimée
18 mars 2016 sur la place Rouge  : Moscou fête l'annexion de la Crimée ©Reuters - Maxim Shemetov
18 mars 2016 sur la place Rouge : Moscou fête l'annexion de la Crimée ©Reuters - Maxim Shemetov
18 mars 2016 sur la place Rouge : Moscou fête l'annexion de la Crimée ©Reuters - Maxim Shemetov
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Résumé

Maladresses, mésententes, malentendus... Les termes ne manquent pas pour caractériser les relations entre la Russie et l’Europe. L’évaluation de ce rapport Russie-Union européenne n’est apparemment pas simple à effectuer. Pour plusieurs raisons.

avec :

Jean-Christophe Romer (professeur à l’IEP de Strasbourg).

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En voici quelques unes :

* 1) À cause de la faiblesse et du manque de cohérence de l’Union européenne (Politique étrangère et de sécurité commune évanescente, divisions répétées entre Européens), les relations de Moscou avec Bruxelles passant évidemment par les grandes capitales (à commencer par Berlin), ce qui ne simplifie pas l’analyse.

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* 2) Les accords de partenariat et de coopération (1994) , les accords sur les « quatre espaces communs » (économie ; sécurité, liberté, justice ; sécurité extérieure ; recherche et éducation) (2003), le Partenariat oriental (2009) n’ont guère été convaincants.

* 3) Il faudrait sans doute distinguer selon les responsables en fonction (Eltsine, Poutine-Medvedev).

* 4) Les événements dictent leur loi (guerre du Kosovo en 1999, reconnaissance par Moscou de l’indépendance de deux provinces géorgiennes en 2008, annexion de la Crimée en 2014).

* 5) Les relations Russie-Union européenne passent aussi par Washington, ne fût-ce qu’à cause du lien Russie-OTAN [Conseil de coopération nord-atlantique (1991) ; Partenariat pour la paix (1994) ; Conseil OTAN-Russie (2002) ; diverses mesures de rétorsion de l’Alliance atlantique en 2008 et 2014].                                                                                 Th. G.

Evolution du budget de la défense russe
Evolution du budget de la défense russe
© Reuters - RNGS

S'agissant de Poutine, on peut affirmer que sa principale préoccupation est celle de la place qu'il laissera dans l'histoire russe, beaucoup plus que l'adaptation de son pays à la mondialisation. Son système de références provient directement de la lecture qu'il fait de l'histoire russe et de la place de la Russie dans le monde. Il est donc impossible d'anticiper le comportement de Vladimir Poutine sans le relier à cette histoire. Une des clés de la politique de sanctions, c'est la relation russo-américaine. Evidemment, tout dépend de la future administration, à Washington. Poutine pourrait s'entendre avec Trump. Avec Clinton, ce sera plus tendu.

En tout état de cause, la Russie est un pays qui est en train de se refermer. Poutine fonde sa politique étrangère sur un déclin rapide des Etats-Unis et de l'Europe. Le rétrécissement du pays sur le plan économique s'accompagne paradoxalement d'une démonstration de force globale. Le mot résumant le mieux l'attitude russe, c'est « puissance ». La Russie reste dans une grammaire de puissance comme les Américains et les Chinois. C'est pour cela que les Européens peinent à la comprendre.

Au lendemain des attentats de Bruxelles, Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères incitait l'Union européenne à arrêter ses "jeux géopolitiques" et à s'unir avec la Russie dans la lutte contre les terroristes de l'Etat Islamique. Vladimir Poutine a également dénoncé ces attentats, en estimant qu'ils "montrent une nouvelle fois que le terrorisme ne connaît pas de frontières et menace les populations du monde entier : la lutte contre ce mal nécessite la coopération internationale la plus active". De son côté, le président de la Commission des Affaires étrangères de la Douma (la chambre basse du Parlement russe), Alexeï Pouchkov, avait de son côté estimé mardi que pendant que le secrétaire général de l'OTAN Jen Soltenberg combattait "une menace russe imaginaire (...), des gens se (faisaient) exploser sous son nez à Bruxelles".