12 décembre 1997, ouverture des premières négociations à Kyoto lors de la 3e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques ©Getty - Kurita KAKU/Gamma-Rapho
12 décembre 1997, ouverture des premières négociations à Kyoto lors de la 3e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques ©Getty - Kurita KAKU/Gamma-Rapho
12 décembre 1997, ouverture des premières négociations à Kyoto lors de la 3e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques ©Getty - Kurita KAKU/Gamma-Rapho
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Résumé

Le Protocole de Kyoto, entré en vigueur en 2005 et qui expire fin 2012, est l'occasion pour le géographe Gabriel Wackermann d'évoquer les obstacles auxquels se heurtent depuis 1997 la gouvernance mondiale en matière de lutte contre le réchauffement climatique.

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Le protocole de Kyoto était supposé vertueux. Ce qu’il a été, dès son entrée en vigueur en 2005, mais seulement pour les pays européens. Non sans une certaine arrogance, les États-Unis n'ont pas voulu "négocier leur niveau de vie" - alors qu'ils étaient à l'époque le premier pollueur de la planète avec moins de 5 % de la population mondiale. Quant aux Chinois, ils n'ont pas souhaité renoncer à leur industrialisation au charbon, aux conséquences dévastatrices pour l'environnement.

Depuis Kyoto, les grands sommets pour le climat se sont succédés et l'on peut compter parmi eux tant d’échecs : Copenhague en 2009), Cancun en 2010), ou encore Durban en 2011). Les institutions internationales plaident en faveur de la mise en place d'un "Fonds vert" mais sans priorité ni calendrier ni financement pour l'heure.

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Qui plus est, la tragédie de Fukushima a conduit dans de nombreux pays à l’abandon du nucléaire, donc au surcroît de pollution avec le charbon (comme l’Allemagne) et avec le pétrole et le gaz de schiste (comme le Canada et les États-Unis). Dans ce contexte, et pour évoquer ces enjeux, et la question de la gouvernance mondiale en matière de lutte contre le réchauffement climatique, Thierry Garcin s'entretient avec Gabriel Wackermann, géographe, professeur émérite à Paris I. Celui-ci appelle à un changement de gouvernance radical : "Les grands messes sur le climat que l’on célèbre régulièrement ne nous font pas toujours avancer. Parfois même comme les processions d'Echternach, elles nous font avancer de deux pas et reculer de deux pas. Doit-on confier la recherche des remèdes aux cataclysmes environnementaux à ceux qui en sont les auteurs et les supports ? C’est comme si on avait voulu confier la Révolution française à la noblesse et au clergé, jamais on y serait parvenus. Or nous sommes de nouveau aujourd’hui face à une révolution nécessaire des esprits et des comportements."