Guerre commerciale : l’OMC, planche de salut de l’économie mondiale ?

Le premier ministre chinois  Li Keqiang est invité par Donald Tusk a rejoindre la grande salle de la Commission européenne pour participer au 12e sommet de  l'Asia-Europe Meeting (ASEM) à Bruxelles, vendredi dernier
Le premier ministre chinois  Li Keqiang est invité par Donald Tusk a rejoindre la grande salle de la Commission européenne pour participer au 12e sommet de  l'Asia-Europe Meeting (ASEM) à Bruxelles, vendredi dernier ©AFP - DING HAITAO / XINHUA
Le premier ministre chinois Li Keqiang est invité par Donald Tusk a rejoindre la grande salle de la Commission européenne pour participer au 12e sommet de l'Asia-Europe Meeting (ASEM) à Bruxelles, vendredi dernier ©AFP - DING HAITAO / XINHUA
Le premier ministre chinois Li Keqiang est invité par Donald Tusk a rejoindre la grande salle de la Commission européenne pour participer au 12e sommet de l'Asia-Europe Meeting (ASEM) à Bruxelles, vendredi dernier ©AFP - DING HAITAO / XINHUA
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13 ministres du commerces de pays membres de l’OMC se réunissent aujourd'hui à Ottawa. Dans le climat de tensions commerciales sino-américaines, ils vont tenter une relance ambitieuse : celle du multilatéralisme, et celle de l'OMC…

Avec
  • Sébastien Jean Professeur d'économie au Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM)

Presqu’un an après l’échec du Sommet de Buenos Aires, l’OMC tente une double relance au Canada : insuffler un peu de confiance dans le multilatéralisme affaibli depuis deux ans par divers griefs entre pays (USA - Chine, mais aussi de l'UE envers la Chine), et restaurer la crédibilité de l'organisation qui fonctionne au ralenti depuis le début du cycle de Doha en 2001.  

Je suis persuadé que la Chine est prête à faire des concessions, et reconnaitre que se pratiques peuvent avoir un impact sur ses partenaires commerciaux, mais elle ne sera pas prête à abandonner sa politique industrielle de façon générale.    Sébastien Jean, économiste

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L’Union Européenne (qu’on retrouve à Ottawa) avait déjà poussé une initiative en ce sens cet été : les trois objectifs énoncés étaient : une "mise à jour" des règles du commerce internationale ; un renforcement du rôle de surveillance de l'OMC ; la recherche d'une solution au différend Chine - USA. Ces propositions sont reprises dans l'ordre du jour de la réunion d'Ottawa.

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Cette réunion portée par 13 pays assez divers (du Brésil à la Suisse) et à laquelle les Etats-Unis et la Chine ne participe pas, se veut une démonstration d'une volonté et d'une capacité multilatérale. L’OMC pourrait avoir une carte à jouer, puisque sa réforme est aussi une demande des Etats-Unis et qu'elle pourrait permettre à la Chine d’acquérir un statut d’économie de Marché convoité depuis son adhésion en 2001, mais refusé par les Etats-Unis notamment. 

Au sujet de la commercialisation des services,  Trump a beaucoup plus de considération pour tout ce qui se touche du doigt, pour les « biens »… et pour lui le commerce est avant tout une affaire de marchandises...  mais je crois que les questions de subventions industrielles seront les questions les plus centrales de ces négociations.     Sébastien Jean, économiste

Pékin pourrait y gagner la fin de taxes anti-dumping supplémentaires que lui appliquent européens et américains, indépendamment des hostilités douanières provoquées par Donald Trump ;  Washington pourrait obtenir des concessions de la Chine sur la propriété intellectuelle, les transferts de technologie. 

Le calcul n'est ni aussi simple ni aussi clair car la réforme de l'OMC dépasse le cas des "distorsions" dues aux deux premières puissances mondiales ; elle implique aussi un vieux passif de règles non établies puisqu'aucun accord multilatéral global n'a été conclu depuis le "paquet de Bali en 2013. Mais la conjoncture plaide en faveur d'un accord : les inquiétudes de l'organisation et d'autres (FMI, Banque Mondiale) quant à l'impact des tensions sur la croissance mondiale (croissance du PIB revue à la baisse à 3,9 % en 2018, 3,7 % en 2019 pourraient faciliter un consensus.

L’OMC pourrait donc se révéler utile ; et se refaire une santé ?

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