A Port Louis, des réfugiés originaires des îles Chagos célèbrent le décision de le Cour de justice internationale
A Port Louis, des réfugiés originaires des îles Chagos célèbrent le décision de le Cour de justice internationale  ©AFP - STRINGER
A Port Louis, des réfugiés originaires des îles Chagos célèbrent le décision de le Cour de justice internationale ©AFP - STRINGER
A Port Louis, des réfugiés originaires des îles Chagos célèbrent le décision de le Cour de justice internationale ©AFP - STRINGER
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La CIJ a décidé lundi que le Royaume-Uni devait mettre fin « rapidement » à son administration sur les îles Chagos dans l'Océan Indien. Cette décision est une victoire après 20 ans de bataille judiciaire des Chagossiens déplacés en 1967 - et une arme pour les dernières luttes de décolonisation ?

Avec
  • André Oraison professeur de droit international à l'Université de la Réunion, spécialisé sur les problèmes de décolonisation, de démilitarisation et de coopération dans la zone océan Indien

Ce lundi 25 février, l'île Maurice a appris qu'elle pourra achever la décolonisation de son territoire grâce à la Cour internationale de justice de la Haye (CIJ). La plus haute juridiction des Nations Unies a jugé que l'administration britannique de l'archipel des Chagos, dans l'Océan Indien, ne doit plus exister plus de 50 ans après l'annexion, jugée "illégale" de l'archipel par le colonisateur britannique en 1965. Une victoire symbolique pour les Chagossiens même si l'avis n'est pas contraignant.

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Une victoire du droit international public qui peut avoir un effet boule de neige

La décision de la CIJ est un vrai soulagement pour les Chagossiens, au cœur de ce combat judiciaire vieux de 50 ans. En séparant en 1965 l'archipel des Chagos de l'île Maurice, la Grande Bretagne a pu installer une base militaire commune avec les Etats-Unis à Diego Garcia. Sauf que, selon le juge président de la CIJ, Abdulqawi Ahmed Yusuf "« La Cour considère que ce détachement n’a pas été fondé sur l’expression libre et authentique de la volonté du peuple concerné ». Près de 2000 Chagossiens ont été expulsés vers l'île Maurice et les Seychelles pour permettre l'installation de cette base.

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Cet avis a une haute autorité morale parce qu'il a été adopté à la quasi-unanimité des juges de la Haye, ce qui montre bien que dans cette affaire est aujourd'hui, pour les Nations Unies et pour tous les pays, la Grande-Bretagne n'a pas décolonisé de manière correcte son ancienne colonie de l'île Maurice. André Oraison

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Le Royaume-Uni défend Diego Garcia comme un point stratégique dans la lutte contre le terrorisme. Depuis 1966, un bail lui permet, avec les Etats-Unis, d'utiliser l'archipel en tant que base militaire pour la sécurisation de l'Océan Indien. Il a été renouvelé en 2016 pour une durée de 20 ans. Près de 3 500 militaires et civils de l’armée de l’air et de la marine américaine y sont installés.

La bataille judiciaire menée par les exilés de l'archipel s'est transformée récemment en une bataille diplomatique permettant une avancée dans la reconquête de leurs territoires

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l'archipel des Chagos, territoire controversé entre l'île Maurice et le Royaume-Uni
l'archipel des Chagos, territoire controversé entre l'île Maurice et le Royaume-Uni
© AFP - SABRINA BLANCHARD, JEAN MICHEL CORNU

A l'avenir, l'avis de la CIJ sur les îles de Chagos sera peut-être un "avis pivot", selon les mots du chercheur Dimitri Van der Meersche, en ce qui concerne "la portée du droit à l'autodétermination et à la décolonisation". Un effet boule de neige pourrait donc permettre la multiplication d'avis consultatifs pour vérifier la conformité des décolonisations sur les îles concernées, à l'image de Madagascar et de Mayotte. L'ONU avait déjà demandé à la France de se retirer de l'île comorienne de Mayotte via la résolution 31/4 en 1976.