France Culture
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Résumé

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avec :

Clément Therme (Chargé de cours à l’université Paul-Valery de Montpellier).

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Une rencontre « sans précédent »... C'est ainsi que le principal conseiller d’ Ali Khamenei qualifie la visite de Vladimir Poutine à Téhéran. Visite rapide, mais c'est aussi la première depuis huit ans entre ces deux grands soutiens de Damas… Deux pays ouvertement engagés depuis un mois et demi en Syrie... Sur la question du départ ou non du Pdt Bachar El Assad, les dirigeants ont d'ailleurs (diplo russe) « rejeté toute tentative extérieure de dicter » son destin à la Syrie... – la position des occidentaux… C’est le 1er plan de l’actualité…

Et puis n’oublions pas l’arrière plan diplomatique important :

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  • Pour l’Iran , l'accord sur le nucléaire de juillet, la levée des sanctions économiques possible après le 15 décembre...
  • Pour la Russie , une situation compliquée depuis qu'elle subit à son tour des sanctions à cause de la situation en Ukraine...

La coopération a jusqu’ici été assez poussée, au moins sur le plan du nucléaire et de l'armement... C'est aussi à un forum mondial des pays gaziers OPEP du Gaz qu'était aussi venu V. Poutine...

  • Enfin il y a l’instabilité régionale générale,* le Yémen, l’Asie Centrale* …

Bref, l'Iran est en reconquête de légitimité internationale, la Russie vient de nouveau de se rendre incontournable dans le jeu mondial...

Les 4 piliers de la relation irano-russe sont :

1/ La guerre en Syrie, la défense du régime militaire - 2/ Le nucléaire et les coopérations sensibles, dont le militaire (les S300) - 3/ les perspectives économiques bilatérales (aviation, salon de Moscou en août) - 4/ Un très grand intérêt pour l'Asie Centrale, leur domaine géographique

Xavier Martinet

 Obama chats with Russia's President Putin prior to working session G20 summit in Antalya
Obama chats with Russia's President Putin prior to working session G20 summit in Antalya
© Reuters

_...Vives tensions entre deux voisins qui se toisent, l'Iran et l'Arabie saoudite, multiplication de frappes aériennes russes contre des rebelles syriens soutenus depuis plusieurs années par la CIA pour le compte d’Obama, fin des accords d'Oslo prononcée par le Président de l'Autorité palestinienne... Les tensions au Moyen-Orient s'exacerbent, et les pays arabes comme occidentaux sont tous concernés par cette situation. Ce Moyen-Orient qui a traversé cahin-caha les révolutions arabes est-il au bord de la déflagration menant à la 3ème guerre mondiale ?

Alors que l’Iran semble en mesure de sortir de nombreuses années d’isolement et joue un rôle au sol dans la lutte contre l’Etat islamique, il importe de mieux comprendre les fondamentaux de sa géopolitique, notamment ses relations avec le monde sunnite. Du fait de sa condition de religion minoritaire au sein d’un islam dominé par le sunnisme, le chiisme et ses adeptes sont en contact permanent avec le culte majoritaire. Si les chiites constituent la majorité de la population du golfe Persique – près de 70 % –, ils demeurent partout sous la domination d’élites sunnites, à la très notable exception du cas iranien. Pareille situation s’avère source de tensions et de conflits. À Bahreïn notamment, le pouvoir sunnite n’a ainsi pu se maintenir que grâce à l’intervention déterminante de l’Arabie saoudite pour écraser une rébellion chiite soutenue par l’Iran.

En Algérie , on constate amèrement que ce que la nébuleuse Al Qaîda du saoudien Ben Laden n’a pas réussi à faire depuis les attentats contre le Word Trade Center, en propageant son label de la terreur à travers la planète, l’Etat Islamique prétend vouloir l’instaurer en moins de temps et de manière bien plus spectaculaire à travers différentes régions du globe. En peu de jours, ils ont réussi à déployer de grands moyens à l'extérieur de leur propre territoire : attentat contre un avion de ligne russe au-dessus du Sinaï, voitures piégées au Liban, tueries et massacres à Paris… Le tête-à-tête « imprévu et inattendu » entre Vladimir Poutine et Barack Obama l’autre jour en Turquie a permis d’aplanir les différends sur la manière d’aborder la crise syrienne et, du même coup, l’élimination de l’E.I . et de la menace qu’il représente désormais au niveau planétaire.

En France , notre invité de ce jour rappelle utilement que, contrairement à notre perception occidentale, la Russie voit la crise syrienne à travers les lentilles des événements extrêmement complexes qui se déroulent depuis la fin de la seconde guerre mondiale, à la fois en Asie centrale et au Caucase. Les Russes s’inquiètent de l’expansion wahhabite soutenue par les pétromonarchies du Golfe. Leur action s’inscrit dans la droite ligne de la lutte contre la mouvance wahhabite du Caucase du nord pendant les guerres en Tchétchénie et au Daghestan. Il y a enfin une dimension existentielle ou civilisationnelle : la Russie, pays orthodoxe, se pose depuis la fin de l'URSS en nation protectrice des Chrétiens d’Orient et des autres minorités qui se retrouvent exposées, dans leur vie quotidienne, à la violence djihadiste.

INFOGRAPHIE ANIMEE > La riposte contre l'"Etat islamique" : qui intervient où depuis les attentats Offensive aérienne française en Syrie, intensification des frappes russes, opérations canadiennes en Irak, combats menés par les Etats-Unis... : qui frappe où en Syrie et en Irak pour lutter contre l'"Etat islamique" depuis les attentats du 13 novembre ? Quelles perspectives pour une action diplomatique et militaire collective ?

*Carte mise à jour le 24 novembre. * Par Camille Renard.

_Déplacez-vous dans la carte : *_zoomez et dézommez avec le bouton +/- ** *

_*_et passez sur les zones d'intervention avec votre souris ** pour obtenir des précisions : *