Au Moyen-Orient, région déjà instable, l'épidémie de coronavirus prend un tournant très politique.
Au Moyen-Orient, région déjà instable, l'épidémie de coronavirus prend un tournant très politique. ©AFP - Zaid AL-OBEIDI
Au Moyen-Orient, région déjà instable, l'épidémie de coronavirus prend un tournant très politique. ©AFP - Zaid AL-OBEIDI
Au Moyen-Orient, région déjà instable, l'épidémie de coronavirus prend un tournant très politique. ©AFP - Zaid AL-OBEIDI
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L'Arabie saoudite a suspendu les pèlerinages, Israël a restreint ses conditions d'accès; le coronavirus nourrit en Irak la contestation contre l'ingérence iranienne et ne semble pas non plus démobiliser les manifestants en Algérie et au Liban... Entretien avec le chercheur Jean-Pierre Filiu.

Le Moyen-Orient connait déjà le coronavirus pour y avoir été confronté en 2012-2013 avec le MERS-coronavirus, qui avait particulièrement touché l’Arabie saoudite… Très logiquement les systèmes de santé mis à l’épreuve il y a huit ans devraient donc y être davantage préparés.

L’Iran est à ce jour le pays le plus touché de la région avec 5000 cas et 154 décès, en tout cas pour ce qui est à ce jour annoncé et recensé. Le régime de Téhéran est très critiqué aujourd’hui pour avoir présenté le virus comme un nouveau complot américain, plutôt que d’organiser le plus vite possible, une campagne de prévention… 

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Dans une région déjà instable, l’épidémie prend partout une tournure très politique.

Pour lire l'article de Jean-Pierre Filiu sur son blog "Un si Proche Orient", c'est ici.

La brutalité des décisions préventives prises par l'Arabie saoudite est frappante, ainsi que le contraste avec l'Iran, qui ne veut pas fermer ni mettre en quarantaine la ville de pèlerinage de Qom. Pour l'Arabie saoudite, suspendre la Omra (c'est à dire le pèlerinage à La Mecque et dans une moindre mesure à Médine, en-dehors des cinq jours de hadj à proprement parler) est une mesure spectaculaire. On a eu ces photos de la Grande Mosquée totalement vide et c'est seulement dans des conditions très restrictives que le lieu saint a été rouvert après une désinfection intense. Les fidèles n'ont pas le droit de toucher la Kaaba, le lieu le plus saint de l'islam. Cette forme d'intervention étatique est tout à fait inédite dans un pays dont la légitimité fondamentale est celle de garder les lieux saints de La Mecque et Médine.       Jean-Pierre Filiu

L'équipe

Julie Gacon
Julie Gacon
Julie Gacon
Production
Mydia Portis-Guérin
Réalisation
Marine Beccarelli
Collaboration