Le conflit centrafricain oppose notamment les forces gouvernementales à une coalition de groupes armés mécontents du déroulement des élections présidentielles et législatives.
Le conflit centrafricain oppose notamment les forces gouvernementales à une coalition de groupes armés mécontents du déroulement des élections présidentielles et législatives.
Le conflit centrafricain oppose notamment les forces gouvernementales à une coalition de groupes armés mécontents du déroulement des élections présidentielles et législatives. ©AFP - CAMILLE LAFFONT
Le conflit centrafricain oppose notamment les forces gouvernementales à une coalition de groupes armés mécontents du déroulement des élections présidentielles et législatives. ©AFP - CAMILLE LAFFONT
Le conflit centrafricain oppose notamment les forces gouvernementales à une coalition de groupes armés mécontents du déroulement des élections présidentielles et législatives. ©AFP - CAMILLE LAFFONT
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Résumé

Le deuxième tour des législatives hier s'est déroulé dans le calme, le pouvoir centrafricain ayant, appuyé par les mercenaires russes de la société Wagner, repris une partie des territoires tombés en décembre entre les mains des rebelles. Entretien avec le politiste Hans De Marie Heungoup.

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La Centrafrique votait hier « sans enthousiasme mais sans violence », nous rapportent les journalistes sur place. C’était le second tour des élections législatives, par endroits un deuxième premier tour, dans les circonscriptions où les bureaux n’avaient pas pu ouvrir le 27 décembre - qui était aussi la date de la présidentielle, voilà pourquoi la réélection de Faustin Archange-Touadéra, même à près de 54% des suffrages exprimés, avait été considérée comme illégitime par l’opposition.

Le scrutin avait par ailleurs été déstabilisé par l’annonce d’une offensive sur la capitale Bangui, d’une coalition de six des plus importants groupes armés qui contrôlent 70% du territoire. Ces derniers temps, les forces armées centrafricaines ont repris progressivement les villes tombées en décembre entre les mains des rebelles de la Coalition des patriotes pour le changement. L’armée appuyée par soldats rwandais, et mercenaires russes.

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La présence des Russes en Centrafrique, c'est une histoire quelque peu rocambolesque. Tout part d'un "incident" entre la France et la République centrafricaine. Des armes avaient été saisies le long des côtes somaliennes auprès des miliciens Chebab que la République centrafricaine, en manque d'armes, avait sollicités pour acquérir ces armes. Il y avait donc eu une résolution au Conseil de sécurité de l'ONU. Et les Russes s'y étaient opposés. La Centrafrique s'est naturellement tournée vers la France, ancienne puissance coloniale, pour demander comment acquérir ces armes. Et c'est le président Macron qui avait suggéré aux Centrafricains d'aller discuter avec les Russes. Voilà comment de fil en aiguille, la relation s'est tissée ou plutôt renouée entre ces deux pays et que le gouvernement centrafricain a officiellement invité les Russes en République centrafricaine.     Hans de Marie Heungoup

Il est vrai qu'aujourd'hui, les Russes sont beaucoup plus influents que les Français auprès de la présidence centrafricaine et au niveau des forces armées, et qu'ils sont parvenus à construire l'image du pays sauveur du pouvoir de Touadéra et même de la Centrafrique plus généralement, pour le Centrafricain de base. Cependant, l'influence française a l'avantage d'être très diverse. Les Russes ne sont pas présents dans le secteur du développement., ni dans le secteur humanitaire. En termes d'influence culturelle, elle est quasi inexistante. La France en Centrafrique, c'est l'Institut Pasteur, c'est le soutien de l'Université de Bangui, c'est l'AFD... c'est un ensemble de projets dont dépendent des milliers, des centaines de milliers de personnes.   Hans de Marie Heungoup

À réécouter : Centrafrique : comment s'organisent des élections dans un Etat failli ?

Références

L'équipe

Julie Gacon
Julie Gacon
Julie Gacon
Production
Vivien Demeyère
Réalisation
Marine Beccarelli
Collaboration