Cérémonie de rentrée à l'Université de Wuhan, dans la province de Hubei en Chine en septembre 2020.
Cérémonie de rentrée à l'Université de Wuhan, dans la province de Hubei en Chine en septembre 2020. ©AFP - STR /
Cérémonie de rentrée à l'Université de Wuhan, dans la province de Hubei en Chine en septembre 2020. ©AFP - STR /
Cérémonie de rentrée à l'Université de Wuhan, dans la province de Hubei en Chine en septembre 2020. ©AFP - STR /
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Entretien avec Alice Ekman, analyste responsable de l'Asie à l'Institut des études de sécurité de l'Union européenne (EUISS).

Avec
  • Alice Ekman Analyste responsable de l'Asie à l'Institut des études de sécurité de l'Union européenne (EUISS)

En début d’année, alors que le coronavirus faisait son apparition en Europe, il était difficile d’imaginer un tel renversement de situation. On vilipendait la Chine d’avoir minimisé le virus si ce n’est de l’avoir caché, et l’on était assez convaincu des conséquences politiques qu’une telle gestion allait avoir sur la population chinoise, nécessairement inquiète et en colère…, et à plus long terme, sur la place de la Chine dans le monde.

Comment la Chine a-t-elle transformé ce qui était une menace pour cette place sur la scène internationale, à une opportunité pour la renforcer ?

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La Chine a promu, voire donné, des caméras thermiques, par exemple dans les aéroports argentins ou au Costa Rica. Des systèmes de vidéoconférence Huawei sont donnés aux gouvernements du Sri Lanka, de l'Ouganda, du Ghana, du Kenya, du Pakistan... La liste est assez longue. On note aussi un ajustement du projet chinois de Nouvelles routes de la soie. Il ne s'agit pas d'une disparition : c'est toujours le projet central, phare, de Xi Jinping. Mais il opère une réduction de la voilure en termes d'investissements dans les infrastructures de transport qui sont très coûteuses et pour lesquelles les pays endettés ne pourront peut-être pas rembourser les prêts chinois. xi Jinping développe donc ce qu'on appelle la nouvelle route de la soie numérique, et aussi sanitaire. C'est-à-dire un ajustement vers d'autres types de produits moins risqués en termes d'investissements de long terme pour la Chine.  Alice Ekman

La rivalité Chine Etats-Unis va certainement se prolonger, et à différents niveaux. Au niveau commercial, peut-être que les échanges entre Washington et Pékin seront moins frontaux avec Joe Biden, mais sur le fond, il est peu probable que l'on note un apaisement de cette rivalité, qui est également technologique. Encore récemment, la liste des entités considérées comme "non fiables" par Washington, dont de nombreuses entités chinoises, s'est allongée. Et en même temps, la Chine répond avec une liste d'entités "non fiables" comprenant des entreprises américaines. Donc, on va progressivement vers un découplage partiel de l'économie mondiale, avec une économie chinoise qui essaie d'être de moins en moins dépendante du marché américain, et de manière générale des marchés occidentaux - y compris européens. C'est-à-dire de pouvoir produire un smartphone de A à Z sans avoir recours aux semi-conducteurs américains, ou de pouvoir développer des ensembles de "smart cities" qui soient de plus en plus chinois, avec une Chine qui essaie de chasser en meute, des groupements d'entreprises qui proposent des technologies compatibles, à un moment où de plus en plus d'entreprises chinoises et américaines sont incompatibles.    Alice Ekman

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