Les pays émergents se relèveront-ils après le Covid-19 ?

Test pour détecter le covid 19 à Bombay en Inde, le 3 octobre 2020.
Test pour détecter le covid 19 à Bombay en Inde, le 3 octobre 2020. ©AFP - Indranil MUKHERJEE
Test pour détecter le covid 19 à Bombay en Inde, le 3 octobre 2020. ©AFP - Indranil MUKHERJEE
Test pour détecter le covid 19 à Bombay en Inde, le 3 octobre 2020. ©AFP - Indranil MUKHERJEE
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"La crise du Covid-19 n’a pas (pour l’instant) submergé le monde émergent mais accéléré sa transition." C’est la première conclusion d’une étude en cours menée par l'économiste Jean-Joseph Boillot. Entretien.

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On se rappelle le lancement des "BRICS" en 2010 : Brésil, Inde, Chine et Afrique du Sud signifiaient alors, par cette union, leur nouveau poids sur la scène internationale. A l'occasion de la crise de 2008, le poids dans l'économie mondiale des pays dits "émergents" avaient franchi le seuil de la moitié du PIB mondial.

Quelles conséquences va avoir le coronavirus sur ces pays ? Pour l'instant, il semble que leur participation modérée à la mondialisation depuis lors, et la relocalisation des tissus productifs, aient eu un effet protecteur. Ce sont les premiers enseignements d'une étude que mène l'économiste Jean-Joseph Boillot, à paraître aujourd'hui dans Alternatives Economiques.

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Je me suis basé sur les données de décès enregistrées dues au COVID 19. Même en Chine, les déclarations officielles ne sont pas si mauvaises que cela. J'ai fait partie de ceux qui critiquaient beaucoup les premières données statistiques, mais ils parlent de 3000 décès liés au COVID : on peut éventuellement en déduire jusqu'à 10 000, 20 000, guère au-delà. En Afrique, le taux de mortalité est de 30 par million d'habitants. En Inde, on en est à 73, 75... Par rapport à l'Europe occidentale, qui est à 600, il y a une différence majeure. Les données sanitaires mais aussi les données économiques donnent l'impression que ce monde émergent, qui allait vaciller complètement... finalement, résiste beaucoup plus.    Jean-Joseph Boillot

Parmi les raisons pour lesquelles les économies émergentes s'en sortent plutôt bien, il y a la gestion de la crise par en haut... La Chine par exemple, sachant qu'elle allait être touchée à l'exportation, a fortement réorienté son économie sur le marché intérieur. C'est en fait une tendance qui était déjà visible avant la crise sanitaire. J'avais observé il y a deux ans, lors d'une longue mission, que les touristes chinois avaient pris l'habitude d'aller beaucoup à l'extérieur. Tout d'un coup, le tourisme intérieur s'est développé de façon absolument incroyable. Donc, la Chine est en phase de mutation et le COVID en fait, c'est un accélérateur de tendances ou un précipitateur de tendances. Et en Afrique, ce sont les communautés qui ont reconstruit une économie locale résistante, résiliente.  Jean-Joseph Boillot

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