Cambridge, Massachusetts ©Maxppp - REUTERS/Brian Snyder
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Résumé

Les pays arabes sont inégalement touchés par la baisse forte et rapide du prix du pétrole. Il y a un an et demi, l’Arabie Séoudite avait brusquement diminué le cours du baril, en augmentant l’offre mondiale. Que nous enseigne ce nouveau contexte à la fois énergétique et géoéconomique?

avec :

El Mouhoub Mouhoud (Professeur d'économie à l'université Paris-Dauphine, spécialiste de la mondialisation, des délocalisations et des migrations internationales.).

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Les pays arabes sont inégalement touchés par la baisse forte et rapide du prix du pétrole. Plusieurs pays producteurs non-arabes en pâtissent aussi : l’Iran, les États-Unis, la Russie, le Venezuela (premières réserves mondiales prouvées, devant Riyad), le Nigéria, etc. Dans les pays arabes, l’Algérie, bien sûr, a été l’une des principales victimes, ainsi que l’Arabie Séoudite elle-même, qui s’est paradoxalement punie et qui doit recourir à ses propres réserves monétaires.

Comme les pays pétroliers sont souvent des pays gaziers (le prix du gaz étant corrélé au prix du pétrole), on voit l’importance de ce nouveau contexte à la fois énergétique et géoéconomique.                                                                                     Th. G.

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 Bamako
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© Maxppp - REUTERS/Joe Penney

La chute du prix du pétrole fait perdre des milliards à BP et va bientôt plomber Total. Le géant pétrolier britannique a signé une perte historique l’an dernier, en raison de l’impact de l’effondrement des cours du pétrole, qui s’est traduit par de lourdes dépréciations dans les comptes. Les investisseurs s’inquiètent maintenant pour Total.  L’action du fleuron tricolore du secteur dévisse aussi, affectée comme ses concurrentespar le recul des cours du pétrole , alors que l’espoir d’un prochain accord entre pays producteurs sur une réduction de la production s’étiole 

La baisse du prix du pétrole a l'allure d'une aubaine pour les États-Unis, qui y ont contribué et voient maintenant souffrir des pays jugés par eux inamicaux, mais un effondrement profond et durable représente un risque de déstabilisation inquiétant. En ce qui concerne l'Iran, le Centre d'études stratégiques et internationales a calculé que même un baril à 40 dollars, plus rémunérateur qu'actuellement, ne rapporterait à l'Iran qu'une cinquantaine de milliards de dollars par an au mieux.  « On peut faire valoir que des recettes pétrolières moins élevées qu'attendu vont peser sur la capacité de l'Iran à importer du matériel militaire, soutenir la Syrie ou jouer un rôle militaire dans le Golfe, mais le problème c'est que cela va également nuire aux pays arabes qui sont alliés aux États-Unis », comme l'Arabie saoudite et les autres pétromonarchies du Golfe, ajoute le même CSIS.