Le premier ministre fançais Edouard Philippe, accompagné du Haut Commissaire Thierry Lataste,  célèbre la victoire ce lundi matin à Noumea
Le premier ministre fançais Edouard Philippe, accompagné du Haut Commissaire Thierry Lataste, célèbre la victoire ce lundi matin à Noumea
Le premier ministre fançais Edouard Philippe, accompagné du Haut Commissaire Thierry Lataste,  célèbre la victoire ce lundi matin à Noumea ©AFP - THEO ROUBY
Le premier ministre fançais Edouard Philippe, accompagné du Haut Commissaire Thierry Lataste, célèbre la victoire ce lundi matin à Noumea ©AFP - THEO ROUBY
Le premier ministre fançais Edouard Philippe, accompagné du Haut Commissaire Thierry Lataste, célèbre la victoire ce lundi matin à Noumea ©AFP - THEO ROUBY
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Résumé

Le premier ministre français Edouard Philippe est arrivé en Nouvelle Calédonie au lendemain du référendum sur l’indépendance. La victoire du Non à 56,4 % signe le maintien de l’archipel dans la France et la poursuite de la présence française en Océanie : sous quelles conditions ?

avec :

Denise Fisher (ancienne Consul Général d’Australie en Nouvelle Calédonie (2001-2004), Visiting Fellow à la Australian National University - Canberra).

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L’indépendance de la Nouvelle Calédonie est rejetée par les plus de 174 000 électeurs de l’archipel. Cependant, ce score est moins fort que prévu (les sondages français prédisaient 63-75 %) et l’exceptionnelle mobilisation (80,6 %) montre un rejet timide et une volonté indépendantiste forte.  

« Ce sont ceux qui ont perdu qui ont fait la fête » a ironisé hier Philippe Gomès, le leader du parti « loyaliste » Calédonie Ensemble dans un QG plutôt calme, alors que le leader du groupe UNI-FLNKS au Congrès de Nouvelle Calédonie promettait de « préparer la mariée pour qu’elle soit plus belle en 2020 ».

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La division entre le vote OUI et le vote NON correspond exactement à la division entre Kanakes autochtones et Caldoches occidentaux. Même avec une majorité pour la France, le fait que 43,6 % des autochtones tiennent à l'indépendance ne peut pas être ignoré. Les jeunes Kanakes ont tous voté pour l'indépendance, même ceux qui habitent Nouméa et sont engagés dans l'économie de l'île.         Denise Fisher,  Australian National University

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Deux autres referendums devront être organisés

Deux referendums sont encore possible en 2020 et 2022. Malgré une large autonomie accordée à l’archipel par les accords de Nouméa en 1998, et une reconnaissance institutionnelle de la population kanake (39 % des 267 000 habitants), les inégalités économiques et sociales persistent, la séparation territoriale aussi. La carte du vote est éloquente, avec une majorité de « Non » dans la Province du Sud (et des pointes à 80 % de refus), et une majorité de « Oui » dans le Province du Nord et celle des Îles Loyauté à 70 % kanake.

Comme le Président Macron, le premier ministre Edouard Philippe a répété que l’Etat voulait dialoguer avec « les forces politiques de nouvelle Calédonie ». Dans cette négociation, le front indépendantiste arrive avec une force nouvelle : 43,6 % de « Oui » au lieu des 30 % environ attendus.

Des véhicules ont été brûles hier, il y a aussi eu des caillassages, mais le grand espoir c'est que le processus peut continuer dans la paix et la stabilité. Maintenant, les responsables indépendantistes peuvent dire à leurs jeunes : « regardez, nous avons 43%, nous pouvons maintenant négocier. » Il y a suffisamment de convergence, venant des partis modérés de chacun des côtés, pour envisager un accord sur une forme d'autonomie.   Denise Fisher, Australian National University  

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Une base navale et une base aérienne françaises au milieu de l'Océan indo-pacifique

L’avenir de l’île reste en débat, et « c’est une nouvelle période d’incertitude qui s’ouvre », écrit l’ancienne Consule Générale australienne à Nouméa Denise Fisher dans The Conversation. La jeunesse est un enjeu particulier : particulièrement politisée et mobilisée parmi le FLNKS dans ce vote, pour une part aussi frustrée et en révolte : les «caillassages» et incendies d'hier soir à Nouméa, même peu nombreux, l’ont rappelé.

Du point de vue de l’Elysée, ce résultat est « une marque de confiance dans la République » ; c’est aussi l’affirmation d’une présence française continue dans le secteur (une base navale et une base aérienne), à 1500 km de l’Australie et de la Nouvelle Zélande, les partenaires français du « Quad ». Emmanuel Macron l’avait rappelé lors de sa visite à Sidney en mai dernier ; il s’est abstenu de telles considérations à Nouméa.

Les Nations Unies demandent la décolonisation

Du point de vue de l’Océanie ce vote est aussi un signal aux autres archipels du pacifique dont la décolonisation n’est pas achevée. Le Forum des Îles du Pacifique fait pression. Contre la volonté de Paris, la Polynésie française a été ajoutée en 2013 sur la liste de l’ONU des territoires à décoloniser ; la Papouasie Occidentale pourrait être le prochain.

Il y a un nombre important de compétences qui n'ont pas été transférées ces dernières années, non pas parce que la France n'était pas préparée, mais plutôt parce que les deux côtés ne pouvaient pas se mettre d’accord. Par exemple, pour la radio et la télé, ou pour l'enseignement supérieur.     Denise Fisher, Australian National University  

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Dans cette perspective, la résolution pacifique d’un conflit tel que celui des années 80 en Nouvelle Calédonie peut devenir une référence forte. De fait ce sont les accords de Nouméa qui ont servi de modèle aux accords de Bougainville en 2001 : en 1988 dans cette île de Papouasie-Nouvelle Guinée, une insurrection sécessionniste assez similaire à celle des Kanaks – mais de plus grande ampleur – avait conduit à une guerre civile très meurtrière.

La France fait de gros efforts pour être un partenaire fiable dans la région indo-pacifique. C'est important que la France donne un signal et montre qu'elle est consciente de pouvoir contrer et contrebalancer le poids de la Chine qui est de plus en plus présente dans la région.    Denise Fisher, Australian National University  

Le vote du référendum sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie, commune par commune
Le vote du référendum sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie, commune par commune
© AFP - VINCENT LEFAI, KUN TIAN

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