Drapeau indépendantiste Kanak, Nouméa, 24 septembre 2020 ©AFP - Théo Rouby
Drapeau indépendantiste Kanak, Nouméa, 24 septembre 2020 ©AFP - Théo Rouby
Drapeau indépendantiste Kanak, Nouméa, 24 septembre 2020 ©AFP - Théo Rouby
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Résumé

Le référendum a vu se renforcer le camp des indépendantistes, mais l'archipel reste pour l'instant dans le giron de la France. De quoi, pense-t-elle, maintenir son statut de puissance dans le Pacifique... cet océan dont Marx disait déjà qu'il serait la grande route du trafic maritime mondial.

avec :

Sarah Mohamed-Gaillard (Maîtresse de conférences en histoire contemporaine à l'Inalco, spécialiste de l'histoire de l'Océanie et de la politique de la France dans le Pacifique Sud).

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Pour la deuxième fois, les électeurs de Nouvelle Calédonie ont hier dit "non" à l'indépendance de l'Archipel. Mais les presque 47% de « oui » à ont renforcé de trois points le score des indépendantistes de 2018... sans doute voudront-ils que s’organise un troisième referendum, comme le prévoit l’accord de Nouméa de 1998.

En attendant, la France dispose toujours de ses trois collectivités territoriales dans le Pacifique, avec la Polynésie française et Wallis et Futuna. Comme autant de balcons depuis lesquels elle peut observer par exemple la guerre commerciale sino-américaine, et globalement les enjeux du XXIe siècle: car la France s’imagine bel et bien comme une « puissance du Pacifique ».

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L'Océanie est souvent vue comme étant quasiment en marge de la mondialisation, des enjeux internationaux. Ce n'est pas du tout le cas. Il y a en Océanie des puissances qui sont traditionnellement investies, ce sont les anciennes puissances coloniales comme la France, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, et évidemment, les puissances locales : l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Pendant très longtemps, seules ces puissances agissaient vraiment en Océanie. Mais depuis quelques années, en gros depuis la fin de la guerre froide, il y a un intérêt manifeste d'autres puissances qui n'ont pas de liens historiques avec l'Océanie. Evidemment, on pense à la Chine populaire, à Taïwan. Mais il y a aussi un intérêt de la part de la Russie, du Maroc, des Émirats arabes unis, de l'Indonésie. Les intérêts internationaux affectent le jeu régional, qui n'est pas du tout neutre sur la scène internationale.  Sarah Mohammed-Gaillard

Références

L'équipe

Julie Gacon
Julie Gacon
Julie Gacon
Production
Vivien Demeyère
Réalisation
Marine Beccarelli
Collaboration