France Culture
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L’enjeu est important, alors que le prix du baril ne cesse de baisser : depuis juin 2014, il a perdu plus de la moitié de sa valeur (46 $)… Mais « il n'y a aucune décision » a bien prévenu le Min du Pétrole du Koweït, qui a plutôt augmenté sa production ces dernières années...

Sous la surface un peu lisse de cette réunion technique, de profonds remous s’annoncent. Et l'année 2016 pourrait bien être celle de la « bataille pour les marchés » comme l’a dit Igor Setchine, le dirigeant du groupe russe Rosneft .

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Même si les prévisions à long terme restent plutôt bonnes, au delà des marchés ce sont les ressources et la stabilité de pays largement fondés sur l'exploitation pétrolière qui est menacée. Stabilité économique, et puis vite sociale et politique dans un contexte déjà incertain pour certains... Pour ne citer qu'eux : l'Algérie, le Venezuela, la Russie...

Xavier Martinet

Charts the estimated unplanned oil production outages by OPEC and non-OPEC countries.
Charts the estimated unplanned oil production outages by OPEC and non-OPEC countries.
© Reuters

En Afrique , la dégringolade des prix du pétrole, imposée depuis un an par l’Arabie Saoudite désireuse de déclencher une guerre économique avec ses rivaux en jouant le rôle de « swing producer », produit des dégâts collatéraux désastreux. Plusieurs pays du continent voient leurs devises se déprécier. Et les difficultés que traverse l'économie chinoise ne viennent rien arranger. Ces deux facteurs d'incertitude provoquent l’attentisme des investisseurs étrangers, dont une partie s’est désengagée du continent.

L’Arabie Saoudite n’a donc cessé d’augmenter sa production pétrolière brute, dans le but de faire baisser le prix de vente mondial autant que possible. Et l’Irak qui se restructure difficilement a, de son côté, réussi à rétablir ses anciennes installations. Sa production croissante participe aussi à la baisse des prix, mais ici à son corps défendant, toutefois : le pays en a bien besoin pour se reconstruire mais surtout pour tenter de contenir les avancées de l'Etat Islamique sur son propre territoire. Ce que l'offensive de Riyad sur le niveau des prix lui refuse...

Ailleurs, de nombreux autres pays membres de l’Opep sont à bout de nerfs !

En Algérie aussi, les dégâts collatéraux sont graves. De sombres perspectives se profilent pour le secteur gazier qui fait vivre le pays. British Petroleum évoque une baisse marquée des exportations de gaz algérien vers le marché européen, et plus particulièrement vers l’Espagne et l’Italie, principaux débouchés pour le gaz exportés directement par des gazoducs sous-marins.

C’est ainsi que le pays s’intéresse de très près aux difficultés des autres pays également victimes des décisions qui leur ont été imposées par l’Arabie Saoudite : Nigéria, Venezuela, Iran, Russie, Norvège.

En France , la Fondation pour la Connaissance des Énergies diffuse une ensemble d’informations synthétiques pour nous permettre de mieux aborder le fonctionnement du marché pétrolier en général et celui de l’OPEP en particulier : les réserves en pétrole des pays membres de l’OPEP atteignent près de 75% de toutes les réserves prouvées dans l’ensemble de la planète.