Le premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis lors d'un sommet virtuel de l'UE le 1er décembre 2020
Le premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis lors d'un sommet virtuel de l'UE le 1er décembre 2020 ©AFP - OLIVIER HOSLET
Le premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis lors d'un sommet virtuel de l'UE le 1er décembre 2020 ©AFP - OLIVIER HOSLET
Le premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis lors d'un sommet virtuel de l'UE le 1er décembre 2020 ©AFP - OLIVIER HOSLET
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Athènes a été l'un des 'bons élèves" de l'UE, en remettant sa copie avec avance. Sur les 31 milliards d'euros qui lui incombent, 18 lui seront remis sous forme de subventions. Mais cette relance sera surtout synonyme de privatisations. Entretien avec la politologue Filippa Chatzistavrou.

Avec
  • Filippa Chatzistavrou Politologue, chercheuse au laboratoire ELIAMEP et professeure assistante à l'Université nationale et capodistrienne d'Athènes

Tous les Etats-membres doivent avoir présenté d’ici vendredi leur plan de relance auprès de la Commission européenne.

Il y a des retardataires – les Pays-Bas, la Hongrie, la Pologne..., mais à l’inverse, certains Etats ont bouclé leur copie depuis un certain temps. On a parlé du Portugal, de l’Italie ; la Grèce a également dévoilé ce qu’elle comptait faire des plus de 30 milliards d’euros du fonds de relance européen.

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La Grèce à qui l’on avait tant demandé il y a dix ans de serrer la vis, de sabrer dans les dépenses… ne parle plus que de « relance » comme si la crise économique n’était plus qu’un lointain souvenir pour le Premier ministre grec Kyriákos Mitsotákis, qui a laissé une grande marge de manœuvre aux hauts fonctionnaires de Bruxelles, pour s’immiscer dans ses calculs et dans ses projets.

Sur les 30 milliards du plan de relance, 1.5 milliard d'euros de subventions sera dirigé vers le secteur de la santé. Mais va-t-on embaucher les médecins et infirmiers dont on a cruellement besoin ? Non, on ne parle que digitalisation et privatisation. Développer la télémédecine, favoriser les partenariats public privé : le rôle du privé va être de plus en plus important, comme c'était d'ailleurs le plan initial de ce gouvernement avant que la pandémie ne nous arrive.       Filippa Chatzistavrou

L'objectif numéro un est aussi de développer le tourisme. Mais il faudra voir de quelle manière : aura-t-on de grands opérateurs globaux qui feront leurs bénéfices sur les destinations grecques ? De l'autre côté, on a une main-d'œuvre qualifiée qui va de plus en plus aller vers ce secteur, parce que c'est quand même le seul secteur qui va proposer des jobs mais très mal payés et qui, en plus, ne peuvent pas couvrir une année d'activité professionnelle.    Filippa Chatsistavrou

25 min

L'équipe

Julie Gacon
Julie Gacon
Julie Gacon
Production
Vivien Demeyère
Réalisation
Marine Beccarelli
Collaboration