France Culture
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qi n° 69
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La Pologne, dont le Premier ministre conservateur est devenu le président du Conseil européen, est un cas à part sur l’échiquier européen.

D’abord, par ce que sa politique étrangère tient fortement compte de son histoire déchirée : dépeçage à la fin du XVIIIe siècle par les puissances de l’époque (les « trois partages » de la Pologne) changements fréquents de frontières (elle a glissé d’un tiers de sa superficie sur son ouest, en 1945), imposition du régime communiste, etc.

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Ensuite, parce qu’elle a des rapports compliqués avec ses partenaires au sein de l’Union européenne. Elle avait exigé, comme candidate, un gros chèque de l’Union européenne elle avait acheté sur étagère une rangée d’avions américains F-16 elle a subi entre 2005 et 2007 un embargo russe sur les importations de viande, Russie dont elle est frontalière via Kaliningrad ; elle est le premier bénéficiaire des fonds structurels.

Enfin, parce que sa relation empressée avec les États-Unis l’a même conduite à devenir l’un des zélateurs de l’invasion de l’Irak par Washington en 2003 et à vouloir passionnément des antimissiles américains.

Quant au dossier ukrainien, il a montré les limites vite atteintes de sa diplomatie carrément offensive à l’égard de Moscou.

David cadier est enseignant à la London School of Economics