Pourquoi Viktor Orbán se rapproche-t-il de la Chine ?

Manifestations le 5 juin à Budapest contre le projet d'implantation de l'université chinoise Fundan à Budapest.
Manifestations le 5 juin à Budapest contre le projet d'implantation de l'université chinoise Fundan à Budapest.  ©AFP - FERENC ISZA /
Manifestations le 5 juin à Budapest contre le projet d'implantation de l'université chinoise Fundan à Budapest. ©AFP - FERENC ISZA /
Manifestations le 5 juin à Budapest contre le projet d'implantation de l'université chinoise Fundan à Budapest. ©AFP - FERENC ISZA /
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Entretien avec l'historien Paul Gradvohl, spécialiste de la Hongrie.

Avec
  • Paul Gradvohl Historien, professeur à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, spécialiste de la Hongrie

Viktor Orbán, qui s'est souvent présenté comme un défenseur de la souveraineté hongroise face aux institutions européennes qu'il défie régulièrement, ne trouve finalement pas contradictoire de s'attacher les faveurs et la confiance du régime de Xi Jinping.

Il n’a pas hésité à s’affranchir du système européen d’achat de vaccins, pour se fournir en vaccin chinois… Il a ouvert la porte à la 5G de Huawei… Et plus récemment, a déroulé le tapis rouge à l’université chinoise de Fudan, qui prévoit d’installer une antenne à Budapest.

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L'un des conseillers de la Banque Nationale hongroise explique ouvertement qu'il s'agit d'une université qui va fonctionner exactement comme chez elle en Chine. Le but est qu'elle irrigue les autres institutions d'enseignement supérieur hongroises, et impose son modèle qui a formé une partie des élites chinoises. Non seulement le programme sera celui qui est en Chine et celui que dessinent les Chinois tout seuls, mais en plus, toutes les universités hongroises sont appelées à fonctionner en symbiose avec l'Université Fudan.  Paul Gradvohl

Des points d'intérêts communs, il n'y en a quasiment pas, au sens où, pour la Chine, la Hongrie ne représente pas grand-chose. En revanche, s'il y a une idéologie vraiment partagée, c'est leur rapport au monde du travail. Dans les deux cas, l'idéologie autoritaire vise à réduire le statut du salarié à celui d'une espèce d'esclave des temps modernes. On l'a vu il y a quelques années avec les changements dans le droit du travail en Hongrie : on pouvait se faire payer des heures supplémentaires trois ans plus tard, si par hasard l'entreprise le voulait bien... Cette vision du travailleur totalement soumis à son employeur, de même que cette vision d'une université étrangère ou même locale qui pourra irriguer toutes les autres en donnant des modèles de bon comportement, notamment en terme de gestion, est tout à fait typique.   Paul Gradvohl

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