L'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo avec ses avocats à la Cour Pénale internationale de la Haye en février 2020.
L'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo avec ses avocats à la Cour Pénale internationale de la Haye en février 2020. ©AFP - JERRY LAMPEN
L'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo avec ses avocats à la Cour Pénale internationale de la Haye en février 2020. ©AFP - JERRY LAMPEN
L'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo avec ses avocats à la Cour Pénale internationale de la Haye en février 2020. ©AFP - JERRY LAMPEN
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La cour pénale internationale délibère aujourd'hui sur l'avenir politique de Laurent Gbagbo. L'acquittement de l'opposant ivoirien, en 2019, avait été perçu comme un cinglant échec de la procureure Fatou Bensouda. Entretien avec la professeure agrégée en droit public Muriel Ubeda-Saillard.

Avec
  • Muriel Ubeda-Saillard Professeure agrégée en droit public, spécialisée en droit international, enseignante et co-directrice du Master 2 Justice pénale internationale à l'Université de Lille

La Cour pénale internationale décide aujourd’hui de l’avenir judiciaire de Laurent Gbagbo. C’est un procès en appel : l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo ainsi que son ancien bras droit et chef des Jeunes patriotes Charles Blé Goudé, avaient été acquittés en première instance en janvier 2019.

Ils étaient poursuivis par la procureure Fatou Bensouda pour les violences post-électorales perpétrées entre décembre 2010 et avril 2011. Leur acquittement a été considéré comme l’un des plus grands échecs de la Cour pénale internationale, et la procureure avait fait appel.

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Si cette décision de 2019 a fait tant parler, c'est d'abord qu'elle était assez inédite. Une décision rendue selon une procédure, le "No case to answer", c'est à dire une procédure qui permet d'interrompre de manière provisoire les poursuites si l'accusation ne peut pas supporter le fardeau de la preuve. Et puis, cette décision est intervenue après quand même dix ans de procédure, puisque l'enquête avait été ouverte en octobre 2011. Cela représente un gros investissement de la part des professionnels de la Cour, un grand investissement de la part du bureau du procureur, financier et humain. La Cour n'a pas des ressources illimitées. Cette décision orale a été perçue comme un échec du bureau du procureur.      Muriel Ubeda-Saillard

La procureure de la CPI Fatou Bensouda a hérité de l'affaire Gbagbo de son prédécesseur, l'argentin Luis Moreno-Ocampo, qui avait d'autres enjeux. C'était le début de la CPI, il fallait légitimer son existence. Mais le dossier n'était pas solide.    Muriel Ubeda-Saillard

58 min

L'équipe

Julie Gacon
Julie Gacon
Julie Gacon
Production
Vivien Demeyère
Réalisation
Marine Beccarelli
Collaboration