Panneau de la Coupe du monde de la FIFA placé en arrière-plan de la ligne d'horizon de Doha, au Qatar, le 17 novembre 2022, avant la Coupe du monde de football.
Panneau de la Coupe du monde de la FIFA placé en arrière-plan de la ligne d'horizon de Doha, au Qatar, le 17 novembre 2022, avant la Coupe du monde de football. ©AFP - Giuseppe CACACE
Panneau de la Coupe du monde de la FIFA placé en arrière-plan de la ligne d'horizon de Doha, au Qatar, le 17 novembre 2022, avant la Coupe du monde de football. ©AFP - Giuseppe CACACE
Panneau de la Coupe du monde de la FIFA placé en arrière-plan de la ligne d'horizon de Doha, au Qatar, le 17 novembre 2022, avant la Coupe du monde de football. ©AFP - Giuseppe CACACE
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En ce début de Coupe du monde de football, les Enjeux internationaux essayent de comprendre comment la coupe du monde a été, pour le Qatar, un instrument pour gagner en respectabilité et gagner la confiance de la communauté internationale.

Avec
  • Hasni Abidi directeur du Centre d'Etudes et de Recherche sur le Monde Arabe et Méditerranéen, à Genève

Hier après-midi, le Qatar s’est incliné 2-0 face à l’Equateur sur la pelouse du flambant neuf Al-Bayt Stadium de Doha pour l’ouverture de la coupe du monde de football. Il n’est pas sûr que cela ait assombri l’humeur de l’émir Tamim Ben Hamad Al Thani, car pendant un mois, le monde entier aura les yeux rivés vers cette petite péninsule du désert d’Arabie.

En effet, cette coupe du monde n’est pas qu’une affaire de football pour le Qatar. Elle est à la fois le résultat, et l’instrument, d’une diplomatie ultra-volontariste destinée à promouvoir les intérêts de l’émirat auprès des chancelleries occidentales et au sein des grandes institutions internationales. Au commencement, il y avait d’abord la crainte de finir comme le Koweït, envahi en 1990 par l’Irak avide de pétrodollars. Et puis il y eut un pari gagnant, celui du Gaz Naturel Liquéfié, et le premier méthanier à destination du Japon en 1996. Le Qatar s'est appliqué a trouvé des partenaires, ou des clients solides sur qui compter en cas de coup durs, comme en 2017 lorsque ses voisins du Golfe ont organisé le blocus du Qatar. Pour comprendre la promotion du soft power qatari, il faut se tourner vers les Alpes suisses, et Genève… « * Il est plus important d’être reconnu au Comité international olympique qu’à l’Organisation des Nations unies * » aurait affirmé l’émir Tamim Ben Hamad Al Thani, il y a quelques années.

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Alors comment la diplomatie sportive a-t-elle permis au Qatar de pénétrer les grandes organisations internationales ? Et comment cette influence a permis à l’émirat de se rendre indispensable à la communauté internationale ?

58 min

Selon Hasni Abidi, le Qatar a travaillé sur une palette d'outils pour garantir un soft power d'excellence. Une « assurance vie », indispensable dans un contexte géographique hostile entre l'Arabie Saoudite et l'Iran, composée de trois niveaux stratégiques. Grâce à la rente gazière et pétrolière, l'Emirat s'est doté d'un fond souverain d'investissement dans les capitales étrangères, une manière de nouer des relations particulières avec les autres Etats ; autre pilier de ce soft power, la chaîne d'information Al Jazeera. Troisième niveau de cette stratégie : la « disponibilité » du Qatar pour les autres Etats ou les grandes organisations internationales.

Modèle suisse et infiltration des grandes organisations internationales

Le Qatar s'est inspiré du modèle suisse, notamment en se revendiquant comme une puissance diplomatique neutre. Mais surtout, Hasni Abidi souligne que le Qatar sait se rendre indispensable, l'Etat « utilise une faiblesse du système des Nations Unis : le besoin de financement en l'absence de grands donateurs. Le Qatar est donc un contributeur important du Haut Commissariat aux Réfugiers (HCR), de l'OMS, et est présent dans toutes les organisations internationales. »

Les accusations de corruption n'ont pas l'air d'être un frein à cette dynamique. Selon Hasni Abidi : « les organisations internationales, du moment qu'elles traitent avec un Etat reconnu, n'ont aucun problème ». C'est pourquoi le Qatar a beaucoup investi dans la Fifa, et plus généralement en Suisse, en s'appuyant sur une proximité historique entre les deux Etats « * neutres * ».

L'équipe

Baptiste Muckensturm
Baptiste Muckensturm
Vivien Demeyère
Réalisation
Mydia Portis-Guérin
Réalisation
Lucas Lazo
Collaboration