Des irakiens manifestant leur soutien au leader chiite Moqtada al Sadr sur la place Tahrir de Bagdad le 11 octobre dernier. ©AFP - AHMAD AL-RUBAYE / AFP
Des irakiens manifestant leur soutien au leader chiite Moqtada al Sadr sur la place Tahrir de Bagdad le 11 octobre dernier. ©AFP - AHMAD AL-RUBAYE / AFP
Des irakiens manifestant leur soutien au leader chiite Moqtada al Sadr sur la place Tahrir de Bagdad le 11 octobre dernier. ©AFP - AHMAD AL-RUBAYE / AFP
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Résumé

Ce dimanche, les irakiens se rendaient aux urnes pour des élections législatives anticipées suite aux importantes manifestations anti gouvernement du mois d'octobre 2019. Si l'abstention a atteint des records, le clerc chiite Moqtada al Sadr est considéré comme le gagnant du scrutin.

avec :

Arthur Quesnay (Docteur en science politique affilié à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne).

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Le mouvement chiite de Moqtada al-Sadr a remporté les élections législatives irakiennes sur fond d’abstention record : seuls 41% des électeurs se sont déplacés, selon les chiffres officiels. Ces élections ont été largement boycottées semble-t-il par les jeunes et ceux qui étaient descendus dans les rues pendant le grand mouvement populaire d’octobre 2019 contre la corruption ou l’abandon des services publics.

A 47 ans, toujours coiffé du turban noir des descendants du prophète, Moqtada al-Sadr et son mouvement deviennent néanmoins la première force au sein du nouveau Parlement. Ultra-populaire dans les années 2000 quand il avait lancé contre les troupes américaines son Armée du Mahdi, le dignitaire chiite, représentant du nationalisme irakien, a eu ensuite maintes occasions de montrer quel responsable politique il était - que ce soit dans l’opposition ou la majorité.

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Avec Arthur Quesnay, docteur en science politique affilié à l'Université Panthéon Sorbonne.

Le mouvement sadriste est extrêmement bien organisé. Par exemple, il avait mis au point une application téléchargeable sur le téléphone, qui permettait aux gens de voir en temps réel là où leur vote serait utile, là où se diriger, pour qui voter surtout, quand ils se présentaient au bureau de vote. C'est un mouvement qui a énormément de ressources humaines, qui est également présent dans les commissions électorales, donc qui a construit ces dix dernières années les capacités pour remporter ce type de scrutin.  Arthur Quesnay

Moqtada al-Sadr reste malgré tout très lié à l'Iran. L'Iran est quand même le faiseur de rois en Irak. L'Iran est partout, l'Irak est dépendant de lui sur bien des plans, notamment stratégique et énergétique. Cependant, la question maintenant, c'est la compétition entre les groupes chiites plus ou moins inféodés à Téhéran, leurs capacités en Irak à établir des fiefs et à contrôler la scène politique. Et bien qu'ils aient tous l'assentiment de l'Iran, il y a des lignes rouges à ne pas franchir. Par exemple, l'Iran a semble t il interdit à Moqtada al-Sadr de se présenter pour devenir premier ministre. Moqtada al-Sadr va donc devoir composer une coalition avec ses rivaux, notamment avec les milices chiites pro-iraniennes.   Arthur Quesnay

Références

L'équipe

Julie Gacon
Julie Gacon
Julie Gacon
Production
Vivien Demeyère
Réalisation
Lucas Lazo
Collaboration