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On aborde rarement, en tant que telles, les relations entre Moscou et Pékin. Pourtant, presque vingt-cinq ans après la mort de l’Union soviétique, elles sont instructives. D’abord, un fait géographique tenace illustre l’asymétrie entre les deux puissances : la Sibérie est presque vide d’hommes tout en étant très vaste et la Russie d’Extrême-Orient paraît même parfois en déshérence.

Ensuite, on pense au domaine politique et diplomatique d’une part, aux liens économiques d’autre part. Quels sont en la matière les grandes ententes et les grandes mésententes ? En quoi les pays sont-ils interdépendants ? Comment la Russie est-elle présente ou pèse-t-elle dans les organisations régionales asiatiques (OCS…) ? Pourquoi la Russie et la Chine ont-elles signé récemment des accords à long terme sur les hydrocarbures (gaz…) ?

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Th. G.

Tajikistan's President Emomali Rahmon, Kyrgyzstan's President Almazbek Atambayev, Kazakhstan's President Nursultan Nazarbayev, R
Tajikistan's President Emomali Rahmon, Kyrgyzstan's President Almazbek Atambayev, Kazakhstan's President Nursultan Nazarbayev, R
© Reuters

En France , on observe que le capitalisme autoritaire va peut être réussir ce que le socialisme n’avait pu faire après la seconde guerre mondiale : rapprocher les deux pays qui ont plus de 4000 km de frontières communes. Et onse souvient bien que les deux capitales du «socialisme» avaient divorcé au début des années 60.

On y considère aussi que ce cap à l’Est a une raison économique très évidente, au-delà de la seule dimension politico-diplomatique suscitée par la crise ukrainienne. Il s'agit d'une diversification bienvenue : l’actuel premier acheteur de gaz russe, l'Europe, ne connaît plus de croissance depuis plusieurs années déjà et sa consommation énergétique stagne au mieux, voire recule. On comprend donc que les Russes s’inquiètent de leur dépendance vis-à-vis du client européen qui se dérobe et parle de réduire la part du gaz russe dans son approvisionnement. Tout le modèle économique russe est conditionné par ses exportations en hydrocarbures.

En Allemagne , le chef économiste à la Bremer Landesbank n'a guère de doute sur le futur du système économique global : l'axe en développement Moscou-Pékin-BRICS va peu à peu prévaloir contre l'ancien "hégémon", les Etats-Unis. Ces pays en ont assez de l'Occident et veulent activement mettre en place une stratégie de long-terme, en rejetant la seule stratégie d'opportunisme à court-terme tel qu’ils l’observent en Occident.

En Australie , pays qui entretient des relations économiques et diplomatiques étroites avec la Chine, on n’hésite pas à dire que c’est la politique occidentale qui a jeté la Russie dans les bras du géant chinois et que les deux pays sont maintenant déterminés à s’engager pleinement dans le développement des anciennes républiques soviétiques, désormais réunies sous la bannière du partenariat eurasiatique

Et au Japon , on est plus circonspect, en particulier s’agissant des vues sino-russes concernant l’Ouest Pacifique. On s’inquiète d’une éventuelle réécriture par Vladimir Poutine quant à l’issue de la seconde guerre mondiale, qui placerait habilement la Russie et la Chine comme les vrais défenseurs de l’ordre mondial établi depuis 1945...