Des membres de l'armée soudanaise se sont rassemblés à Khartoum le 11 avril 2019, après qu'Omar el-Béchir, l'un des présidents les plus anciens d'Afrique, ait été renversé par l'armée.
Des membres de l'armée soudanaise se sont rassemblés à Khartoum le 11 avril 2019, après qu'Omar el-Béchir, l'un des présidents les plus anciens d'Afrique, ait été renversé par l'armée.
Des membres de l'armée soudanaise se sont rassemblés à Khartoum le 11 avril 2019, après qu'Omar el-Béchir, l'un des présidents les plus anciens d'Afrique, ait été renversé par l'armée.  ©AFP - AHMED MUSTAFA / AFP
Des membres de l'armée soudanaise se sont rassemblés à Khartoum le 11 avril 2019, après qu'Omar el-Béchir, l'un des présidents les plus anciens d'Afrique, ait été renversé par l'armée. ©AFP - AHMED MUSTAFA / AFP
Des membres de l'armée soudanaise se sont rassemblés à Khartoum le 11 avril 2019, après qu'Omar el-Béchir, l'un des présidents les plus anciens d'Afrique, ait été renversé par l'armée. ©AFP - AHMED MUSTAFA / AFP
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Résumé

Après 4 mois de manifestations contre le régime, l’armée a repris la main en destituant et en arrêtant Omar el Bechir au pouvoir depuis 30 ans. Elle instaure un « Conseil militaire de transition » pour 2 ans, a fermé les frontières, et les manifestants toujours dehors dénoncent une manipulation.

avec :

Marc Lavergne (Géopolitologue, directeur de recherche au CNRS).

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"Béchir est parti ! Nous avons réussi !" écrit Alaa Salah sur Twitter, l'étudiante devenue "l'icône" du soulèvement populaire mobilisé depuis six jours au Soudan. Le jour de la chute d'Omar el-Béchir, au pouvoir depuis 30 ans, est enfin arrivé, mais avec le concours de l'armée qui remplace le président par un "Conseil militaire de transition" pour deux ans. 

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Un coup d'Etat fortement rejeté par les manifestants

Révoltés par la décision gouvernementale de tripler le prix du pain le 19 décembre, en plein marasme économique, les Soudanais ont fini par obtenir le soutien de l'armée en organisant des rassemblements de masse nuit et jour devant leur siège depuis samedi dernier. Leur QG abrite également le ministère de la Défense et la résidence officielle du président. 

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Néanmoins, cette destitution forcée est rejetée par les meneurs de la contestation soudanaise : "Le régime a mené un coup d'Etat militaire en présentant encore les mêmes visages (...) contre lesquels notre peuple s'est élevé" indique dans un communiqué l'Alliance pour la liberté et le changement, composée de l’Association des professionnels soudanais et de l'opposition.

Le fait que ce coup d'Etat interne ait eu lieu et qu'il ait été immédiatement décidé que le nouveau pouvoir était installé pour deux ans, c'est une fermeture à toutes sortes de négociations avec la population. C'est sans doute un soulagement pour beaucoup de chancelleries occidentales mais c'est une grande déception, une grande colère au Soudan et la rue, les formations politiques et syndicales ne vont certainement pas s'arrêter là. Marc Lavergne

La joie vite retombée, les Soudanais s'indignent des actions du ministre de la défense, Awad Ahmed Ibn Auf, nommé à la tête du conseil militaire de transition. Celui-ci a choisi de fermer les frontières et d'imposer un mois de couvre-feu nocturne dans l'ensemble du pays alors que des milliers de manifestants outrepassent cette décision pour manifester à nouveau leur indignation face aux instances militaires à Khartoum.

Visé depuis 10 ans par deux mandats d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI), ceux de "crimes de guerre et contre l'humanité" et de"génocide" pendant le conflit du Darfour, l'ex-président soudanais de 75 ans a tout fait pour réprimer ses concitoyens en décrétant l'état d'urgence le 22 février sur l'ensemble du territoire.

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Ecoutez Marc Lavergne livrer son analyse sur le mécanisme de la destitution d'Omar el-Béchir

43 sec

Selon des sources officielles, depuis décembre 2018, 49 personnes sont mortes dans des violences liées aux manifestations, dont 11 à Khartoum ce mardi 10 avril. Pour l'ONG Human Rights Watch, le bilan est d'au moins 70 morts.

En savoir plus : Soudan : l'armée renverse Omar el-Béchir