Tunisie en transition, 3 : un gouvernement de "technocrates"

Le Premier ministre désigné Hichem Mechichi annonçant son nouveau gouvernement lors d'une conférence de presse à Carthage, le 24 août 2020
Le Premier ministre désigné Hichem Mechichi annonçant son nouveau gouvernement lors d'une conférence de presse à Carthage, le 24 août 2020 ©AFP - Fethi Belaid
Le Premier ministre désigné Hichem Mechichi annonçant son nouveau gouvernement lors d'une conférence de presse à Carthage, le 24 août 2020 ©AFP - Fethi Belaid
Le Premier ministre désigné Hichem Mechichi annonçant son nouveau gouvernement lors d'une conférence de presse à Carthage, le 24 août 2020 ©AFP - Fethi Belaid
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Depuis les élections législatives de septembre 2019 en Tunisie, nous suivons la mise en place de la "transition démocratique", lancée après la chute de Ben Ali en 2011. Cette semaine, le Premier ministre a désigné un cabinet sans élu ni politique. Entretien avec le politiste Amine Ben Mami.

Avec
  • Amine Ben Mami Doctorant en science politique à l'IEP d'Aix-en-Provence et à l'Ecole Normale Supérieure, attaché temporaire d'enseignement et de recherche à l'Université de Lille.

L'année dernière, avant que le confinement nous en empêche, nous nous étions engagés dans les Enjeux internationaux à suivre la transition politique en Tunisie, qui se poursuit cahin-caha bien au-delà du printemps arabe. C’est d’ailleurs le seul pays touché par ce vent nouveau qui ait gardé le cap de la transition: en Syrie, au Yémen, en Libye…, les expériences révolutionnaires se sont soldées par la guerre civile. L’Egypte a été reprise en main par l’armée. En Algérie, qui n'a pas connu de "printemps" en 2011 mais le Hirak l'année dernière, il y aura bien le 1er novembre un référendum sur une nouvelle Constitution... mais le texte consacre la suprématie du Président, et le pouvoir des militaires.

La Tunisie reste donc une exception... Le chef du gouvernement Hichem Mechichi a dévoilé mardi la liste des 28 personnes qu’il souhaite avoir avec lui au gouvernement. Parmi elles, aucun élu ni politique.

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Hicham Mechichi veut constituer un gouvernement apartisan dans un contexte de crise économique et sociale aiguë, renforcé par la crise sanitaire. Il s'agit en fait de sortir des batailles partisanes. Il y a donc deux types de profils: d'un côté les grands commis de l'Etat qui ont des profils proches du président Kaïs Saïed, des gens formés à l'ENA - l'ENA étant une institution qui ressemble à la française, mais qui longtemps a été marginalisée dans le gouvernement tunisien. D'autre part, on a des ministères techniques constitués à l'occasion pour faire face à la crise. Notamment un super ministère de l'Economie, des Finances et du Soutien à l'investissement. Ou un ministère qui regroupe l'Agriculture, la Pêche et les Ressources hydrauliques.      Amine Ben Mami

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