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Résumé

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avec :

Didier Billion (directeur adjoint de l’IRIS, auteur notamment de « Géopolitique des mondes arabes », ed. Eyrolles.).

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Le président Erdogan a rebattu les cartes électorales quatre mois après des législatives qui avaient enregistré la poussée du parti kurde et vient d’obtenir la majorité absolue. Quels ont été les thèmes de campagne ? Comment interpréter le taux de participation ? Quelle analyse des résultats, compte tenu du succès incontestable de l’AKP et du mauvais score du parti kurde ? Comment interpréter les éventuels reports des voix kémalistes ? Comment a pesé le contexte intérieur ? La situation chaotique de cette partie du Proche-Orient a-t-elle joué un rôle important ? Quelles conséquences intérieures et régionales, au moins à court terme ?

* Th. G.*

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Tayyip Erdogan waves to supporters during an inauguration ceremony of a water pipeline
Tayyip Erdogan waves to supporters during an inauguration ceremony of a water pipeline
© Reuters

En Belgique , qui a vu Erdogan tenir plusieurs gigantesques meetings électoraux à Bruxelle, en Flandre et en Wallonie, on met en exergue le trouble jeu du président : la stratégie de la tension mise en place par le leader islamo-conservateur pour reconquérir la majorité absolue s’avère désastreuse. Et la multiplication des attentats qui ensanglantent la Turquie ces dernières semaines fait craindre le pire pour la suite.

Aux Etats-Unis , le prix Nobel de littérature 2006 Orhan Pamuk critique ouvertement le président Erdogan qu’il accuse, lui aussi, de « calcul » envers le PKK. C’est ainsi que, quelques heures après le dernier attentat d'Ankara, le parti kurde avait annoncé un cessez-le-feu jusqu'aux élections. Mais des positions et des villages kurdes, situés en territoire turc, ont aussitôt été bombardées par l'armée, à proximité de la frontière avec l'Irak ainsi que, plus près de l'Iran, dans le sud-est du pays.

Au Liban , le chercheur Bayram Balci s'étonne des divisions au sein de la société turque face aux événements violents : « Si je prends l'exemple de la France, au moment de l'attaque contre Charlie Hebdo, une unité nationale s'était formée autour de l'exécutif. Or, en Turquie, ce n'est absolument pas le cas. Face aux conflits qui s'aggravent, chacun se renvoie la balle et la société, déjà très éclatée, risque malheureusement de le devenir encore davantage à l’avenir »

En France , Majed Nehmé, directeur du centre d’analyses Afrique Asie , tente également de comprendre ce double jeu du gouvernement turc. Pour lui, « il convient de savoir quels sont les motivations profondes d'Erdoğan qui, entre autres maîtres à penser, semble s'être inspiré de… Machiavel ! Avec le temps, il est devenu paranoïaque et totalement mégalomane. Ses colères sont craintes à l'intérieur comme à l'extérieur. Pour lui, personne n'est intouchable - sauf lui. Erdoğan est imprévisible car il est capable de toutes les volte-face. Il est parvenu à diviser les forces vives de Turquie : aucune administration, aucun groupe de pression - ni la presse, ni le monde des affaires - n'a de prise sur lui. Il le paie par un isolement personnel de plus en plus prononcé, mais sa force de caractère lui permet de tenir. » Est-il né nouveau Sultan ?

Les résultats des élections législatives en Turquie du 1er novembre 2015
Les résultats des élections législatives en Turquie du 1er novembre 2015

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