Venezuela, Iran, Corée du Nord : la « pression maximale », une stratégie hasardeuse ?

Des partisans de Nicolas Maduro manifestent contre Donald Trump, à Caracas mercredi 1er mai, jour également d'une grande manifestation de l'opposition
Des partisans de Nicolas Maduro manifestent contre Donald Trump, à Caracas mercredi 1er mai, jour également d'une grande manifestation de l'opposition ©AFP - Juan Barreto
Des partisans de Nicolas Maduro manifestent contre Donald Trump, à Caracas mercredi 1er mai, jour également d'une grande manifestation de l'opposition ©AFP - Juan Barreto
Des partisans de Nicolas Maduro manifestent contre Donald Trump, à Caracas mercredi 1er mai, jour également d'une grande manifestation de l'opposition ©AFP - Juan Barreto
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Entre l'interdiction d'achat de pétrole provenant d'Iran hier, le resserrement des sanctions contre la Corée du Nord, et l'embargo sur le pétrole vénézuélien de dimanche dernier, les Etats-Unis appliquent la "pression maximale". Washington veut-elle changer ces régimes, ou les amener à négocier ?

Avec
  • Pascal Boniface Directeur de l'IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques)

La politique de "pression maximale" menée par l'administration Trump est particulièrement vigoureuse ces temps-ci. Après avoir mis l'embargo américain sur le pétrole vénézuelien le 29 avril pour renverser Nicolas Maduro, Washington a annoncé quelques jours plus tard que les Etats-Unis n'accepteront plus aucune dérogation sur l'achat de pétrole iranien. Deux asphyxies économiques qui se font sans intervention militaire mais qui annoncent une nouvelle forme d'interventionnisme américain en développement ?

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Une stratégie d'étranglement économique pour renverser les régimes en place

Conscient de l'inefficacité de l'intervention militaire américaine en Irak et en Libye, Donald Trump a choisi l'outil économique comme arme de combat face aux régimes iranien, cubain, nord-coréen et vénézuelien. Sa politique extra-territoriale tend à forcer le reste de la communauté internationale à suivre sa démarche géopolitique, sous peine de subir des sanctions américaines. Dernier coup de force en date, la fin des dérogations permettant encore à huit pays, la Chine, l'Inde, la Turquie, le Japon, la Corée du Sud, Taïwan, l'Italie et la Grèce, d'importer du brut iranien afin d 'imposer l'embargo sur l'Iran. 

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En parallèle, les entreprises étrangères installées à Cuba peuvent être poursuivies et condamnées par les Etats-Unis depuis le 2 mai avec l' entrée en vigueur du chapitre 3 de la loi Helms-Burton, permettant la restitution du foncier à des citoyens américains ou binationaux s'ils considèrent avoir été spoliés après la révolution cubaine.

A chaque fois que Trump fait quelque chose en politique extérieure, c'est à des fins de politique intérieure. Il veut convaincre ses électeurs, il veut être réélu en 2020 et quoi de mieux que de dire qu'il a obtenu un changement de régime, qu'il a fait tomber le régime des Mollahs ou qu'il a fait tomber Maduro ou l'héritier de Castro ou qu'il a obtenu la dénucléarisation de la Corée du Nord. Pascal Boniface

Officiellement, Donald Trump n'exclue pas l'intervention militaire au Venezuela ni même en Iran mais il préfère user de l'attractivité du marché américain et de la législation américaine au caractère extraterritorial pour donner du poids à ses menaces de sanctions. Une stratégie qui va avoir des conséquences très importantes pour l'économie vénézuelienne qui devrait chuter à 36% selon le journal Tal Cual.

Ecoutez l'analyse de Pascal Boniface sur une récente étude américaine qui révèle les effets négatifs indésirés issus des sanctions américaines

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Concernant la Corée du Nord, selon l'AFP, Séoul essaie de renouer le dialogue entre Washington et Pyongyang via la ministre des Affaires étrangères de la Corée du Sud Kang Kyung-wha qui a estimé que Kim Jong-Un doit montrer une dénucléarisation "visible, concrète et substantielle" afin d'obtenir un allègement des sanctions américaines.

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