Violences en RDC: qui veut compromettre les élections ?

Un incendie criminel a détruit les hangars, des milliers de machines à voter, d'ordinateurs et et des dizaines véhicules de la commission électorale congolaise (CENI), hier à Kinshasa,
Un incendie criminel a détruit les hangars, des milliers de machines à voter, d'ordinateurs et et des dizaines véhicules de la commission électorale congolaise (CENI), hier à Kinshasa, ©AFP - JOHN WESSELS
Un incendie criminel a détruit les hangars, des milliers de machines à voter, d'ordinateurs et et des dizaines véhicules de la commission électorale congolaise (CENI), hier à Kinshasa, ©AFP - JOHN WESSELS
Un incendie criminel a détruit les hangars, des milliers de machines à voter, d'ordinateurs et et des dizaines véhicules de la commission électorale congolaise (CENI), hier à Kinshasa, ©AFP - JOHN WESSELS
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La campagne pour se tend en RDC, à 10 jours d’élections générales historiques pour le pays. Les violences ont fait 6 morts en 3 jours, et après l'incendie d'un entrepôt de matériel électoral à Kinshasa, gouvernement et opposition s’accusent mutuellement de vouloir saboter le scrutin…

Avec
  • Olivier Kamitatu fondateur et président de l'ARC, chargé de communication de la campagne de Martin Fayalu et porte-parole de Moïse Katumbi, ancien président de l'Assemblée nationale de transition et ex-ministre du Plan et de la Révolution de la modernité

C'est la piste criminelle qui est privilégiée par les autorités après l'incendie mercredi au petit matin d'un entreprôt de la Ceni (Commission Electoral) à Kinshasa. 80 % des plus de 10 000 machines à voter sur place auraient été détruites. 

Alors que l'organisation du scrutin était déjà controversée, l'incident ravive les doutes sur la possibilité matérielle de tenir un scrutin transparent et fiable. 40 millions de congolais doivent voter, 16 millions de cartes seraient invalides, la formation des opérateurs des machines électorales en place n'aurait pas été assurée. 

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Malgré l'incendie et le risque de limiter le vote des 4,4 millions d'électeurs de Kinshasa, la Ceni et le gouvernement ont toutefois décidé de maintenir le scrutin le 23 décembre.  

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Alors que la campagne se tend de plus en plus, les suspicions de sabotage d'élections sont nombreuses : l'opposition s'interroge sur les conditions de sécurité, puisque le bâtiment est situé à proximité de la garde présidentielle, dans un des quartiers les plus quadrillés de Kinshasa. 

Le porte-parole du gouvernement s'en est une nouvelle fois pris à l'un des principaux candidats, Martin Fayulu, en l'accusant d'être "mis sur orbite par des forces obscures pour empêcher la RDC de réaliser le grand objectif d’organiser des élections apaisées". 

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De son côté Martin Fayulu dénonce les obstacles faits à sa campagne. Plusieurs fois lors de sa tournée dans l'Est, son avion a été empêché d'atterrir, et ses meetings ont été l'objet de violences. Depuis mercredi dernier, ce sont cinq personnes, partisans de la coalition Lamuka qu'il représente, qui ont été tuées par balle lors de meetings. Un sixième militant de l'autre camp d'opposition, le ticket Tshisekedi-Kamerhe, est également mort hier à Mbuji-Mayi des tirs d'un policier.  

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Une nouvelle fois la communauté internationale et continentale ont appelé au respect des droits et libertés, l'UE a renouvelé lundi ses sanctions contre 14 officiels congolais, dont le candidat du pouvoir Emmanuel Ramazani Shadary, ancien ministre de l'intérieur au plus fort des répressions de 2015-2016. Une réunion de la SADC (Communauté de Développement d'Afrique Australe) qui suit d'assez près les développements politiques de RDC, doit se tenir le week-end prochain. 

Jusqu'ici, les autorités ont tenu à mener les élections sans aide extérieure, en demandant le respect de la souveraineté du pays. Le jeu parfois divergent des Etats voisins (Rwanda, Ouganda, Angola pour les plus impliqués... ) complique la possibilité d'une pression internationale forte et univoque. "Pour les élections, tout va bien se passer", disait le président Kabila au Soir au début du mois, lui qui avait tardivement annoncé son retrait officiel de la campagne. Après deux ans de report du vote, peut-être la situation restera-t-elle sporadiquement explosive jusqu'au soir du scrutin le 23 décembre ; mais que se passera-t-il par la suite? 

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